Autoblog de Gee http://grisebouille.net/ Ce site n'est pas le site officiel grisebouille.net/.C'est un blog automatisé qui réplique les articles de grisebouille.net/ Responsables & réalistes https://grisebouille.net/?p=561636 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Responsables-réalistes Wed, 20 Sep 2017 13:08:59 +0200 Une aquarelle qui ne dit rien de très nouveau de ce que j’ai toujours dit : je ne comprends pas comment on peut qualifier de « réaliste », de « raisonnable » et autre « responsable » les politiques qui consistent à chercher une croissance infinie dans un monde fini, en augmentant l’activité humaine déjà trop forte, en mettant plus de pression sur les ressources naturelles déjà insuffisantes, en exploitant des ressources fossiles amenées à se raréfier et donc à faire monter les tensions entre pays, en continuant à déstabiliser des régions entières pour subvenir à nos besoins en ces ressources, etc., etc.

Mais non, être pour la décroissance, c’est être irréaliste ; être pour la diminution du temps de travail, c’est être irresponsable.

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Une aquarelle qui ne dit rien de très nouveau de ce que j’ai toujours dit : je ne comprends pas comment on peut qualifier de « réaliste », de « raisonnable » et autre « responsable » les politiques qui consistent à chercher une croissance infinie dans un monde fini, en augmentant l’activité humaine déjà trop forte, en mettant plus de pression sur les ressources naturelles déjà insuffisantes, en exploitant des ressources fossiles amenées à se raréfier et donc à faire monter les tensions entre pays, en continuant à déstabiliser des régions entières pour subvenir à nos besoins en ces ressources, etc., etc.

Mais non, être pour la décroissance, c’est être irréaliste ; être pour la diminution du temps de travail, c’est être irresponsable.

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La rentrée des GAFAM https://grisebouille.net/?p=561628 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?La-rentrée-des-GAFAM Fri, 08 Sep 2017 13:35:07 +0200 Ça fait longtemps qu’on n’a pas pris des nouvelles des fameux GAFAM… voici un petit récapitulatif pour vous aider à y voir plus clair.

Sources :

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Ça fait longtemps qu’on n’a pas pris des nouvelles des fameux GAFAM… voici un petit récapitulatif pour vous aider à y voir plus clair.

Sources :

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Toute la lumière sur la Lune https://grisebouille.net/?p=561621 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Toute-la-lumière-sur-la-Lune Mon, 04 Sep 2017 11:24:32 +0200 Joyeuse rentrée à ceux qui rentrent et bon début de semaine à ceux qui, comme moi, n’en ont pas grand chose à secouer des rythmes scolaires. Voici donc le premier article débile de cette année scolaire (et sans doute pas le dernier).

En joie.

 

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Joyeuse rentrée à ceux qui rentrent et bon début de semaine à ceux qui, comme moi, n’en ont pas grand chose à secouer des rythmes scolaires. Voici donc le premier article débile de cette année scolaire (et sans doute pas le dernier).

En joie.

 

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s01e35 – La porte dérobée https://grisebouille.net/?p=561613 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?s01e35-La-porte-dérobée Fri, 01 Sep 2017 11:49:07 +0200 ◀◀ Premier épisode ◀ Épisode précédent Épisode suivant ▶

Il est de retour après presque un an d’absence… et je n’ai aucune bonne excuse, sinon que ce gag me semble d’autant plus savoureux en imaginant qu’il se soit passé un an entre les deux scènes…

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◀◀ Premier épisode ◀ Épisode précédent Épisode suivant ▶

Il est de retour après presque un an d’absence… et je n’ai aucune bonne excuse, sinon que ce gag me semble d’autant plus savoureux en imaginant qu’il se soit passé un an entre les deux scènes…

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Le Ray’s Day https://grisebouille.net/?p=561606 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Le-Ray-s-Day Tue, 22 Aug 2017 12:44:13 +0200 Habituellement, je vous propose une nouvelle à l’occasion du Ray’s Day, mais cette année, je n’ai rien de prêt (j’ai quelques trucs sous le coude, mais c’est un peu tôt pour en parler).

Alors voici une courte BD pour présenter l’événement. En vous souhaitant un bon Ray’s Day !

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Habituellement, je vous propose une nouvelle à l’occasion du Ray’s Day, mais cette année, je n’ai rien de prêt (j’ai quelques trucs sous le coude, mais c’est un peu tôt pour en parler).

Alors voici une courte BD pour présenter l’événement. En vous souhaitant un bon Ray’s Day !

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À voir et à partager (2) https://grisebouille.net/?p=561592 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?À-voir-et-à-partager-(2) Tue, 20 Jun 2017 11:20:59 +0200 J’avais déjà publié un article comme celui-ci en octobre 2015 : un article où je partage des vidéos qui me semblent proposer une réflexion intéressante dans un format agréable et convivial. Ça se regarde typiquement en groupe d’ami⋅e⋅s, ça permet d’aborder des problématiques complexes de manière didactique, populaire et facilement compréhensible.

Et ça se partage bien aussi ! On ne changera pas les choses chacun de son côté : si on veut que les choses changent, il faut répandre autant que possible ce genre de contenus qui vulgarisent et rendent accessible à tous des sujets fondamentaux pour nos sociétés. L’ignorance est une faiblesse face aux mécanismes de domination, alors organisons notre force.

Toujours pareil, je ne donne pas de lien, ça se trouve facilement sur Internet, à vous de voir comment vous voulez vous les procurer ;)

Une autre histoire des classes sociales

Une conférence gesticulée très sympathique. Anthony Pouliquen, le conférencier, essaie d’expliquer les classes sociales à travers sa propre expérience du « cul entre deux chaises », lui venant plutôt d’un milieu ouvrier mais ayant dérivé vers la petite bourgeoisie intellectuelle. Typiquement une conférence utile parce qu’elle nous sort de notre zone de confort : il explique notamment comment la culture est utilisée comme un moyen de discrimination sociale. Si vous faites partie, comme moi, de cette fameuse petite bourgeoisie intellectuelle, vous avez sans doute vous aussi participé à ce mépris de classe dont nous n’avons même pas conscience…

Au passage, il donne une définition de la gauche et de la droite qui me semble infiniment plus pertinente que le stupide « la droite c’est la liberté, la gauche c’est l’égalité » sorti par notre nouveau Président Msg Rothschild (oui je sais que c’était devant des gosses, et alors ? ils sont jeunes, pas stupides). Et démontre une fois de plus que le PS est définitivement un parti de droite…

Vous savez la différence entre la gauche et la droite ? C’est avant tout une question d’état d’esprit. […] Si vous êtes de droite, vous considérez que vous êtes individuellement responsable de votre place dans les rapports sociaux, vous êtes individuellement responsable de votre trajectoire, « quand on veut, on peut ». Alors que si vous êtes de gauche, vous savez que vous êtes déterminé socialement. C’est-à-dire que vous êtes traversé par des déterminismes sociaux et que vous n’avez pas les mêmes chances de réussir selon que vous veniez d’un milieu prolétaire ou d’un milieu bourgeois. Donc si vous êtes de droite, vous considérez qu’il vous suffit de vous retirer les doigts du cul pour naturellement vous élever dans la hiérarchie sociale, alors que si vous êtes de gauche, vous savez qu’il va falloir vous organiser collectivement pour changer les structures de la société.

Les secrets de la monnaie – La conférence !

Une conférence de Gérard Foucher. La monnaie (et le fonctionnement de l’économie qui en découle) repose sur des mécanismes pas simples à appréhender, et la plupart du temps, on n’en a qu’une connaissance et une compréhension très partielles : c’est d’ailleurs un état de fait bien pratique pour sortir l’argument magique « c’est plus compliqué que ça™ » lorsque quelqu’un suggère qu’on devrait changer certaines choses.

Eh bien voilà une conférence excellente qui reprend les bases et explique simplement comment est créé l’argent (et surtout par qui), et pourquoi ce mécanisme conduit mécaniquement à un système de crises cyclique et à l’asservissement des peuples. Et comme il ne faut pas que ce soit déprimant jusqu’au bout, ça parle un peu des solutions envisageables sur la fin…

La personne de votre famille a son dossier avec ses fiches de paie, le compromis de la maison, le prix de la maison, etc. On est le dimanche soir, elle a rendez-vous le lundi matin avec le banquier, elle a fait la simulation, elle sait qu’elle va avoir son crédit de 100 000 €. Le question qui tue, c’est : il est 10 heures du matin, la banque vient d’ouvrir, elle pose la main sur la poignée de la porte de la banque. Elle va rentrer et elle va ressortir dans une demi-heure avec 100 000 € de plus. À l’instant où elle pose la main sur la poignée de la porte et qu’elle ouvre, où sont les 100 000 € ?

Jeu de société

Un court métrage du collectif « Les Parasites ». L’histoire d’un jeune homme qui débarque dans une famille où l’on joue traditionnellement à un jeu de société sans fin, une sorte de Monopoly mais avec des règles très très spéciales (et pas toujours très claires).

Un petit film bien réalisé et assez prenant, qui nous donne encore une fois une vision acerbe de l’organisation économique et politique mondiale… j’aime beaucoup la conclusion, qui ne dit pas nécessairement que toutes les alternatives sont mieux, mais qu’on a en tout cas confisqué toutes les alternatives…

Je crois qu’on ne vous a pas très bien expliqué, on n’a pas été clairs depuis le début : appartenir à cette famille, ça veut dire faire partie du jeu. Vous comprenez ?

J’ai pas voté

Dans le contexte actuel, ça me semble pertinent de (re)voir ce film. Un documentaire qui tente de comprendre pourquoi l’abstention monte petit à petit depuis des années. Très instructif, à montrer à toutes les personnes qui crachent sur les abstentionnistes et se gargarisent des vertus du vote (qui n’a en fait pas grand chose de démocratique).

C’est joliment réalisé, il y a pas mal d’intervenants intéressants et ça remet quelques pendules à l’heure : par exemple sur le fait que la Révolution Française de 1789 était avant tout une révolution bourgeoise et qu’elle a installé avant tout le pouvoir de cette haute bourgeoisie (qui perdure toujours aujourd’hui). Et encore une fois, ça parle un peu des solutions envisageables (tirage au sort, déprofessionnalisation de la politique, etc.).

Au milieu de la Révolution Française, il y a un petit texte de l’abbé Sieyés qui dit à un moment donné : « les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. »

 

 

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J’avais déjà publié un article comme celui-ci en octobre 2015 : un article où je partage des vidéos qui me semblent proposer une réflexion intéressante dans un format agréable et convivial. Ça se regarde typiquement en groupe d’ami⋅e⋅s, ça permet d’aborder des problématiques complexes de manière didactique, populaire et facilement compréhensible.

Et ça se partage bien aussi ! On ne changera pas les choses chacun de son côté : si on veut que les choses changent, il faut répandre autant que possible ce genre de contenus qui vulgarisent et rendent accessible à tous des sujets fondamentaux pour nos sociétés. L’ignorance est une faiblesse face aux mécanismes de domination, alors organisons notre force.

Toujours pareil, je ne donne pas de lien, ça se trouve facilement sur Internet, à vous de voir comment vous voulez vous les procurer ;)

Une autre histoire des classes sociales

Une conférence gesticulée très sympathique. Anthony Pouliquen, le conférencier, essaie d’expliquer les classes sociales à travers sa propre expérience du « cul entre deux chaises », lui venant plutôt d’un milieu ouvrier mais ayant dérivé vers la petite bourgeoisie intellectuelle. Typiquement une conférence utile parce qu’elle nous sort de notre zone de confort : il explique notamment comment la culture est utilisée comme un moyen de discrimination sociale. Si vous faites partie, comme moi, de cette fameuse petite bourgeoisie intellectuelle, vous avez sans doute vous aussi participé à ce mépris de classe dont nous n’avons même pas conscience…

Au passage, il donne une définition de la gauche et de la droite qui me semble infiniment plus pertinente que le stupide « la droite c’est la liberté, la gauche c’est l’égalité » sorti par notre nouveau Président Msg Rothschild (oui je sais que c’était devant des gosses, et alors ? ils sont jeunes, pas stupides). Et démontre une fois de plus que le PS est définitivement un parti de droite…

Vous savez la différence entre la gauche et la droite ? C’est avant tout une question d’état d’esprit. […] Si vous êtes de droite, vous considérez que vous êtes individuellement responsable de votre place dans les rapports sociaux, vous êtes individuellement responsable de votre trajectoire, « quand on veut, on peut ». Alors que si vous êtes de gauche, vous savez que vous êtes déterminé socialement. C’est-à-dire que vous êtes traversé par des déterminismes sociaux et que vous n’avez pas les mêmes chances de réussir selon que vous veniez d’un milieu prolétaire ou d’un milieu bourgeois. Donc si vous êtes de droite, vous considérez qu’il vous suffit de vous retirer les doigts du cul pour naturellement vous élever dans la hiérarchie sociale, alors que si vous êtes de gauche, vous savez qu’il va falloir vous organiser collectivement pour changer les structures de la société.

Les secrets de la monnaie – La conférence !

Une conférence de Gérard Foucher. La monnaie (et le fonctionnement de l’économie qui en découle) repose sur des mécanismes pas simples à appréhender, et la plupart du temps, on n’en a qu’une connaissance et une compréhension très partielles : c’est d’ailleurs un état de fait bien pratique pour sortir l’argument magique « c’est plus compliqué que ça™ » lorsque quelqu’un suggère qu’on devrait changer certaines choses.

Eh bien voilà une conférence excellente qui reprend les bases et explique simplement comment est créé l’argent (et surtout par qui), et pourquoi ce mécanisme conduit mécaniquement à un système de crises cyclique et à l’asservissement des peuples. Et comme il ne faut pas que ce soit déprimant jusqu’au bout, ça parle un peu des solutions envisageables sur la fin…

La personne de votre famille a son dossier avec ses fiches de paie, le compromis de la maison, le prix de la maison, etc. On est le dimanche soir, elle a rendez-vous le lundi matin avec le banquier, elle a fait la simulation, elle sait qu’elle va avoir son crédit de 100 000 €. Le question qui tue, c’est : il est 10 heures du matin, la banque vient d’ouvrir, elle pose la main sur la poignée de la porte de la banque. Elle va rentrer et elle va ressortir dans une demi-heure avec 100 000 € de plus. À l’instant où elle pose la main sur la poignée de la porte et qu’elle ouvre, où sont les 100 000 € ?

Jeu de société

Un court métrage du collectif « Les Parasites ». L’histoire d’un jeune homme qui débarque dans une famille où l’on joue traditionnellement à un jeu de société sans fin, une sorte de Monopoly mais avec des règles très très spéciales (et pas toujours très claires).

Un petit film bien réalisé et assez prenant, qui nous donne encore une fois une vision acerbe de l’organisation économique et politique mondiale… j’aime beaucoup la conclusion, qui ne dit pas nécessairement que toutes les alternatives sont mieux, mais qu’on a en tout cas confisqué toutes les alternatives…

Je crois qu’on ne vous a pas très bien expliqué, on n’a pas été clairs depuis le début : appartenir à cette famille, ça veut dire faire partie du jeu. Vous comprenez ?

J’ai pas voté

Dans le contexte actuel, ça me semble pertinent de (re)voir ce film. Un documentaire qui tente de comprendre pourquoi l’abstention monte petit à petit depuis des années. Très instructif, à montrer à toutes les personnes qui crachent sur les abstentionnistes et se gargarisent des vertus du vote (qui n’a en fait pas grand chose de démocratique).

C’est joliment réalisé, il y a pas mal d’intervenants intéressants et ça remet quelques pendules à l’heure : par exemple sur le fait que la Révolution Française de 1789 était avant tout une révolution bourgeoise et qu’elle a installé avant tout le pouvoir de cette haute bourgeoisie (qui perdure toujours aujourd’hui). Et encore une fois, ça parle un peu des solutions envisageables (tirage au sort, déprofessionnalisation de la politique, etc.).

Au milieu de la Révolution Française, il y a un petit texte de l’abbé Sieyés qui dit à un moment donné : « les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. »

 

 

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La bande de jonquilles https://grisebouille.net/?p=561588 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?La-bande-de-jonquilles Wed, 14 Jun 2017 11:27:19 +0200 Les enfants, ne touchez pas à la drogue : vous ne voudriez pas devenir des jonquilles.

 

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Les enfants, ne touchez pas à la drogue : vous ne voudriez pas devenir des jonquilles.

 

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Journalosaure https://grisebouille.net/?p=561584 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Journalosaure Fri, 09 Jun 2017 10:15:08 +0200 Une nouvelle aquarelle, et au-delà de la blague, un petit hommage au Monde Diplomatique, un des rares journaux de qualité qui subsistent en France (il y en a quelques-uns, quand même). Je ne saurais que vous conseiller de vous abonner. La version numérique est dispo en PDF (pour tablette) et surtout en EPUB (pour liseuse), ce qui est suffisamment rare pour être précisé. Il y a aussi pas mal d’articles disponibles en version audio, pratique à écouter dans les transports, par exemple…

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Une nouvelle aquarelle, et au-delà de la blague, un petit hommage au Monde Diplomatique, un des rares journaux de qualité qui subsistent en France (il y en a quelques-uns, quand même). Je ne saurais que vous conseiller de vous abonner. La version numérique est dispo en PDF (pour tablette) et surtout en EPUB (pour liseuse), ce qui est suffisamment rare pour être précisé. Il y a aussi pas mal d’articles disponibles en version audio, pratique à écouter dans les transports, par exemple…

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Hexadécimal & Boby Lapointe https://grisebouille.net/?p=561578 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Hexadécimal-Boby-Lapointe Tue, 06 Jun 2017 12:44:46 +0200 Encore un article de vulgarisation où on va parler de nombres, de binaire, de tout ça… mais cette fois, on revient à la base, à la notion même de comptage. Et on évoque aussi un joyeux luron qui, bizarrement, a laissé une petite trace dans cet univers qu’on ne rattacherait pourtant pas au sien, instinctivement.

 

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Encore un article de vulgarisation où on va parler de nombres, de binaire, de tout ça… mais cette fois, on revient à la base, à la notion même de comptage. Et on évoque aussi un joyeux luron qui, bizarrement, a laissé une petite trace dans cet univers qu’on ne rattacherait pourtant pas au sien, instinctivement.

 

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Festival de Bédéologie 2017 https://grisebouille.net/?p=561568 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Festival-de-Bédéologie-2017 Wed, 24 May 2017 11:54:24 +0200 Ce week-end, j’étais à nouveau à l’INSA de Lyon pour le Festival de Bédéologie, et c’était fort sympathique.

Bon, là comme ça, on dirait qu’il n’y a personne, mais faut pas croire, y’avait quand même du monde !

J’y étais notamment pour dédicacer le Tome II de Grise Bouille (sorti mardi dernier aux éditions Framabook), mais pas seulement… c’est que ça commence à en faire, des bouquins !

Ce qui est sympa avec ce genre d’événements, c’est qu’on rencontre tout un tas de gens d’horizons différents. Par exemple, ce monsieur qui avait imprimé lui-même ses GKND (et attention, c’était fait avec minutie). La classe, non ? Comme quoi je fais bien de distribuer des PDF…

Content aussi de faire des dédicaces à des gens qui ne connaissent pas mais, après avoir feuilleté un peu les BD, sont emballés et m’en prennent une 🙂

Petite satisfaction, aussi : parler à des gens qui connaissent Grise Bouille mais pas le Geektionnerd (= yoopy, j’ai réussi à attirer un nouveau public 🙂 )

Bref, toujours aussi sympa. Vivement la prochaine édition 😉

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Ce week-end, j’étais à nouveau à l’INSA de Lyon pour le Festival de Bédéologie, et c’était fort sympathique.

Bon, là comme ça, on dirait qu’il n’y a personne, mais faut pas croire, y’avait quand même du monde !

J’y étais notamment pour dédicacer le Tome II de Grise Bouille (sorti mardi dernier aux éditions Framabook), mais pas seulement… c’est que ça commence à en faire, des bouquins !

Ce qui est sympa avec ce genre d’événements, c’est qu’on rencontre tout un tas de gens d’horizons différents. Par exemple, ce monsieur qui avait imprimé lui-même ses GKND (et attention, c’était fait avec minutie). La classe, non ? Comme quoi je fais bien de distribuer des PDF…

Content aussi de faire des dédicaces à des gens qui ne connaissent pas mais, après avoir feuilleté un peu les BD, sont emballés et m’en prennent une 🙂

Petite satisfaction, aussi : parler à des gens qui connaissent Grise Bouille mais pas le Geektionnerd (= yoopy, j’ai réussi à attirer un nouveau public 🙂 )

Bref, toujours aussi sympa. Vivement la prochaine édition 😉

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Grise Bouille, Tome II https://grisebouille.net/?p=561544 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Grise-Bouille-Tome-II Tue, 16 May 2017 09:42:32 +0200 Ce recueil, paru le 16 mai 2017, compile la majeure partie des bandes dessinées publiées sur Grise Bouille pendant l’année 2016.

Une édition papier

Avec un peu de retard, voici enfin le second livre issu du blog et qui compile la quasi-totalité des articles de l’année dernière. Une année compliquée, marquée par les manifestations contre la Loi Travail, l’État d’Urgence et le début de la débâcle électorale (dont nous avons eu la conclusion il y a tout juste une semaine). Mais le blog aura aussi pas mal causé d’informatique, de vulgarisation et aussi de pas mal d’histoires légères et idiotes pour nous changer les idées de tout ça.

Le livre est publié aux éditions Framabook sous licence libre (CC By Sa, comme le blog) dans un format A5 à couverture souple, 300 pages en noir et blanc. Tout comme pour le tome I, la mise en page des articles a bien sûr été spécialement revue pour les adapter au format A5. Un petit aperçu :

Vous pouvez retrouver les détails de cette édition papier sur le site Framabook (et le commander par la même occasion).

Une édition numérique

Tout comme pour le tome I, une édition EPUB adaptée au liseuse (avec les images tournées à 45° pour être lues en format paysage) est proposée. Et contrairement au tome I, j’ai depuis appris à me servir du logiciel epubcheck qui permet de s’assurer de faire des fichiers valides, donc ce fichier devrait fonctionner correctement partout (contrairement au tome I qui était un peu fait à l’arrache). Du coup, j’ai aussi refait l’EPUB du tome I pour qu’il soit valide également 🙂

Un petit exemple de ce que ça donne :

(Le format PDF du livre est également disponible mais à moins de vouloir lire le livre sur tablette ou sur ordinateur (ou pour l’imprimer), préférez l’EPUB.)

Bonne lecture et à bientôt, en version bloguesque, ebook ou papier !

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Ce recueil, paru le 16 mai 2017, compile la majeure partie des bandes dessinées publiées sur Grise Bouille pendant l’année 2016.

Une édition papier

Avec un peu de retard, voici enfin le second livre issu du blog et qui compile la quasi-totalité des articles de l’année dernière. Une année compliquée, marquée par les manifestations contre la Loi Travail, l’État d’Urgence et le début de la débâcle électorale (dont nous avons eu la conclusion il y a tout juste une semaine). Mais le blog aura aussi pas mal causé d’informatique, de vulgarisation et aussi de pas mal d’histoires légères et idiotes pour nous changer les idées de tout ça.

Le livre est publié aux éditions Framabook sous licence libre (CC By Sa, comme le blog) dans un format A5 à couverture souple, 300 pages en noir et blanc. Tout comme pour le tome I, la mise en page des articles a bien sûr été spécialement revue pour les adapter au format A5. Un petit aperçu :

Vous pouvez retrouver les détails de cette édition papier sur le site Framabook (et le commander par la même occasion).

Une édition numérique

Tout comme pour le tome I, une édition EPUB adaptée au liseuse (avec les images tournées à 45° pour être lues en format paysage) est proposée. Et contrairement au tome I, j’ai depuis appris à me servir du logiciel epubcheck qui permet de s’assurer de faire des fichiers valides, donc ce fichier devrait fonctionner correctement partout (contrairement au tome I qui était un peu fait à l’arrache). Du coup, j’ai aussi refait l’EPUB du tome I pour qu’il soit valide également 🙂

Un petit exemple de ce que ça donne :

(Le format PDF du livre est également disponible mais à moins de vouloir lire le livre sur tablette ou sur ordinateur (ou pour l’imprimer), préférez l’EPUB.)

Bonne lecture et à bientôt, en version bloguesque, ebook ou papier !

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Dear foreign friends, here’s why some of us are not thrilled by Macron’s election https://grisebouille.net/?p=561489 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Dear-foreign-friends-here-s-why-some-of-us-are-not-thrilled-by-Macr Wed, 10 May 2017 11:54:22 +0200 (Version française disponible ici.)

On Sunday evening, when it was announced that Emmanuel Macron was elected President of France, there was a big gap in reactions between French people and the others on social networks: lots of foreigners were congratulating us (even pop culture idols such as Mark Hamill or Zach Braff) but among the French people, we also saw many resigned and blasé reactions (notice that « blasé » is a French word…). And it is kind of weird being congratulated for something you’re not proud of. Let me try to explain you why.

Yeah! We beat Le Pen! But did we?

First of all, let’s evacuate this: YES, we are glad Marine Le Pen won’t be our president, we won’t have to suffer her policies based on rejection and hatred of the foreigners and on inhibited nationalism. She surely would have been dangerous to a lot of people in the country and her election would have had terrible consequences in general (she’s like our own personal Donald Trump, which says a lot).

The only problem is that, though she did not win, there are good chances nothing will be solved by Macron: the 11 million people who voted for Le Pen aren’t going to magically dissolve after this election. And the worst thing is: most of the reasons why Le Pen’s score is so high are precisely the result of policies that Macron defends.

First of all, you have to understand that people who voted for Le Pen are not all racists and nationalists (thankfully). Most of them are just people who see their standard of living challenged by globalization. And when Le Pen talks about protecting them from this (even by stealing some economical principles that were theorized by the left wing), they hear it. Michael Moore said the same thing about Trump’s election, and I think he’s right.

It’s easy to see, for example, that cities voted largely for Macron (90% in Paris) while on the countryside, Le Pen dominated and sometimes got huge scores (even 100% in some village). Even in regions were immigration is low if it’s not nonexistent. And it’s easy for people in the cities to think « oh, those uneducated racist peasants » and shove the problem under the rug, as it’s easy for winners of globalization to gladly encourage it. Oh, and I’m a young male computer engineer, so don’t worry for me: I’m one of the winners. But contrary to Macron and some of my relatives, I don’t believe France is just made of young dynamic executives.

« When Le Pen talks about tradition and cultural heritage of France, you bet they listen. »

People in the countryside know that in their villages, they used to have schools; they used to have post offices; they used to have doctors; they used to have little local shops; they used to have powerful and efficient public services and companies. Oh, and the state’s budget was balanced. There’s some idealization here, but not that much.

Now their kids have to take buses for ages to reach the closest school which has overcrowded classes; they have to take the car to post a simple letter; they pray that they don’t have a heart attack as hospitals are closed and merged one after the other and full of burnt-out nurses; they realize that what’s been privatized has become more expensive and doesn’t work better when it’s not become worse (highways, electricity, railroads…).

And for the shops, well, they can rely on the mushroom gigantic ugly malls which are built everywhere in the suburbs, turning the fields into massive parking lots. These cold inhuman consumption temples that kill all little shops around and erase the cultural specificities of France’s regions. So when Le Pen talks about tradition and cultural heritage of France, you bet they listen.

OpenSky in Valbonne, an umpteenth project of gigantic mall that destroys that nature reserves

People are not anti-Europe by essence of by dogma: they are because they see that the EU has lately mainly been about freeing the market, not the people. That it’s been about putting Europeans in competition with one another, leveling down the standard of living to the poorest European countries instead of leveling up the social protection to the wealthiest ones. If you ask people, they’re all in favor of the union of all people and of eternal peace between countries, but they are not idiots: they realize that people leading the EU are using these aspirations as an excuse to push their liberal vulture capitalist agenda.

I’m pro-Europe, but let’s face it: the Europe promoted by Macron and many other pro-Europe politicians is the best weapon against Europe itself. You can’t expect people to support a policy that results in austerity and economic insecurity for them. You’re allowed to be glad France did not follow United Kingdom after the Brexit, but Europe has not suddenly become popular again with Macron’s election. You want people to support Europe?  Make a Europe that supports people.

No, Macron is not « something new »

And what is Macron compared to this? Macron is a pure product of the system that created these situations. I’ve read in many foreign articles that Macron was « something new », a « wind of change » on French politics. At this point, it’s not fake news: it’s bullshit.

Let me sum this up for you: Macron has attended ENA, a school which about 90% of our politicians attended (they are so copy-pasted one after the other that we even have an expression for them: « énarques »); he was a minister under last president François Hollande and pretty much inspired his economic policy; he worked as a banker at Rothschild, so he was not really out of the (capitalist) system but rather at the top of this system; and the cherry on the cake, he’s supported by half the dinosaurs of politics that have had power in France since before he was in high school.

« How is voting for gasoline “blocking” the fire? »

So he’s young? Yeah, big fucking deal. Macron’s project is the continuation of what’s been done in our country for thirty years: reducing the worker’s right, reducing social protection, increasing the pressure of competition on people by making free-trade agreements with countries whose labor code is a joke. As if there was anything to win in trying to be « competitive » with Chinese or Bangladeshi workers. Macron’s project is exactly what brought 11 million people to Marine Le Pen.

That’s one of the reasons many left-winged people (including me) were reluctant to vote Macron to « block » Le Pen: how is voting for gasoline « blocking » the fire?

But Macron has won fare and square, right?

That’s another part which made people reluctant to vote Macron and even angry at this: the way this election was rigged. For about a year, almost all mass media have been massively campaigning for Macron.

As a self-fulfilling prophecy, a year saturated with surveys and of articles pro-Macron made lots of people vote for him, not by conviction, but because they thought he was the « most suited to win », whatever this means. A survey showed that only 60% of the people who voted for Macron at the first round did it by conviction, opposed to 80% for every single other candidates.

The pluralism of French media

Simultaneously, the Front National (party of Marine Le Pen) was also given a wide media coverage, making it the protest choice by default. The ambition, barely hidden, was to have this second round Macron-Le Pen. This second round is very handy, because while Le Pen does oppose to the crude liberalism of Macron (well, sort of: she doesn’t mind liberalism if it’s restricted inside France’s border), she builds that on hyper-conservatism, xenophobia and Europhobia. So of course, many people (like me) won’t ever even consider voting for her because they support a fair, democratic and decent opposition to liberalism.

And of course, the very same media who gave voice to the Front National for months were peremptorily demanding people to put out the fire they create.

For several years now, Le Pen and the Front National has been a weapon that media and other parties use against democracy: put anyone against the FN in an election and he or she’s almost sure to win it. And once they know that they can organize this impossible choice, mass media just need to present one candidate as the only reasonable choice (preferably the one that serves the interests of the owners of these mass media), let the FN have most of the speaking time left and it’s done.

« Even François Hollande, the President of the French Republic who calls himself a socialist, got out of his reserve and warned people against Mélenchon, a left-winged candidate. »

Just look at what happened when another candidate was starting to get more and more favorable reviews: Jean-Luc Mélenchon, who is also anti-liberalism but with principles based on ecology and democratic revision instead of xenophobia and hyper-conservatism (with the ambition of convoking a constituent assembly to reform our badly-working republic). For the record, the guy was supported by a large majority of NGOs or by people like Noam Chomsky. But as soon as there was a chance he reached the second round, all mass media unleash the dogs on him, accusing him of being a stalinist or of wanting to create a second Venezuela in France.

Even François Hollande, yes, the President of the French Republic who calls himself a socialist (what a joke), got out of his reserve and warned people against Mélenchon, a left-winged candidate, and never raised a finger against far-right Le Pen who’d been announced as winner of the first round for ages. Why? Because contrary to Le Pen, Mélenchon was a real threat to Macron.

Don’t get me wrong, Mélenchon was not a messiah and sure there were some debatable points in his program. But he was the voice of a rational and positive opposition to liberalism, one that could confront with Macron’s vision. In any case, if Mélenchon had been in the second round, he might have lost too, but maybe not: and believe me, the debate between the two rounds would have been something else than the stupid cat-fight we got with the dumb clown Le Pen against Macron.

How long will this hold?

Le Pen’s father was at the second round of the presidential election fifteen years ago and we played the same game: people voted for Chirac to block Le Pen even though many had no sympathy at all for Chirac. Chirac had more than 80% of the votes. You’d think he would have applied a policy to fix this French society and listened to the people’s protest? Wrong. He did his right-winged policy as if 80% people voted for him by conviction. And it’s very likely Macron will do the same.

The thing is, this strategy is becoming dangerous: electors are understanding exactly what’s going on and they are less and less keen on participating in this farce. Chirac scored 80% in 2002, but Macron « only » had 66% of the votes against Le Pen in the second round, with a record of abstention and blank votes. While Le Pen almost had twice as many electors as her father fifteen years before, Macron had less people who agreed to vote for him against their own convictions.

The results are not really encouraging when we show abstention and blank votes

Sadly, there is good chance this will not go better in the near future: nobody in the higher circles seems to want to put an end to this dangerous game and in five years, Le Pen might just end up winning for real (if things don’t go bad before).

In the mean time, Macron will apply his liberal policy as if all was well. Him and the media will keep hammering « THERE IS NO ALTERNATIVE » to any criticism against it. More and more people will have nothing to loose in giving in to any kind of vote that says « enough! ». I do not see this ending well.

So in the upcoming months, you might hear that there are once again strikes in France. And before you start joking about how we are always on strike, think that we’re trying to protect our social model against yet another attack, and that we are alone, with most of the French media and political powers against us.

Our social model has been our strength for all the second half the XXth century, leading for example to a world reputed healthcare system. And this social model was put in place just after the Second World War, at a time when the country was devastated and ruined (here’s for the « we can’t afford it »). And it’s not outdated or unadapted: one reason French people suffered less than many others from the subprime crisis in 2008 was precisely the robustness of this social model. And I know we have the reputation of surrendering easily, but know this: we won’t let it die without a fight.

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(Version française disponible ici.)

On Sunday evening, when it was announced that Emmanuel Macron was elected President of France, there was a big gap in reactions between French people and the others on social networks: lots of foreigners were congratulating us (even pop culture idols such as Mark Hamill or Zach Braff) but among the French people, we also saw many resigned and blasé reactions (notice that « blasé » is a French word…). And it is kind of weird being congratulated for something you’re not proud of. Let me try to explain you why.

Yeah! We beat Le Pen! But did we?

First of all, let’s evacuate this: YES, we are glad Marine Le Pen won’t be our president, we won’t have to suffer her policies based on rejection and hatred of the foreigners and on inhibited nationalism. She surely would have been dangerous to a lot of people in the country and her election would have had terrible consequences in general (she’s like our own personal Donald Trump, which says a lot).

The only problem is that, though she did not win, there are good chances nothing will be solved by Macron: the 11 million people who voted for Le Pen aren’t going to magically dissolve after this election. And the worst thing is: most of the reasons why Le Pen’s score is so high are precisely the result of policies that Macron defends.

First of all, you have to understand that people who voted for Le Pen are not all racists and nationalists (thankfully). Most of them are just people who see their standard of living challenged by globalization. And when Le Pen talks about protecting them from this (even by stealing some economical principles that were theorized by the left wing), they hear it. Michael Moore said the same thing about Trump’s election, and I think he’s right.

It’s easy to see, for example, that cities voted largely for Macron (90% in Paris) while on the countryside, Le Pen dominated and sometimes got huge scores (even 100% in some village). Even in regions were immigration is low if it’s not nonexistent. And it’s easy for people in the cities to think « oh, those uneducated racist peasants » and shove the problem under the rug, as it’s easy for winners of globalization to gladly encourage it. Oh, and I’m a young male computer engineer, so don’t worry for me: I’m one of the winners. But contrary to Macron and some of my relatives, I don’t believe France is just made of young dynamic executives.

« When Le Pen talks about tradition and cultural heritage of France, you bet they listen. »

People in the countryside know that in their villages, they used to have schools; they used to have post offices; they used to have doctors; they used to have little local shops; they used to have powerful and efficient public services and companies. Oh, and the state’s budget was balanced. There’s some idealization here, but not that much.

Now their kids have to take buses for ages to reach the closest school which has overcrowded classes; they have to take the car to post a simple letter; they pray that they don’t have a heart attack as hospitals are closed and merged one after the other and full of burnt-out nurses; they realize that what’s been privatized has become more expensive and doesn’t work better when it’s not become worse (highways, electricity, railroads…).

And for the shops, well, they can rely on the mushroom gigantic ugly malls which are built everywhere in the suburbs, turning the fields into massive parking lots. These cold inhuman consumption temples that kill all little shops around and erase the cultural specificities of France’s regions. So when Le Pen talks about tradition and cultural heritage of France, you bet they listen.

OpenSky in Valbonne, an umpteenth project of gigantic mall that destroys that nature reserves

People are not anti-Europe by essence of by dogma: they are because they see that the EU has lately mainly been about freeing the market, not the people. That it’s been about putting Europeans in competition with one another, leveling down the standard of living to the poorest European countries instead of leveling up the social protection to the wealthiest ones. If you ask people, they’re all in favor of the union of all people and of eternal peace between countries, but they are not idiots: they realize that people leading the EU are using these aspirations as an excuse to push their liberal vulture capitalist agenda.

I’m pro-Europe, but let’s face it: the Europe promoted by Macron and many other pro-Europe politicians is the best weapon against Europe itself. You can’t expect people to support a policy that results in austerity and economic insecurity for them. You’re allowed to be glad France did not follow United Kingdom after the Brexit, but Europe has not suddenly become popular again with Macron’s election. You want people to support Europe?  Make a Europe that supports people.

No, Macron is not « something new »

And what is Macron compared to this? Macron is a pure product of the system that created these situations. I’ve read in many foreign articles that Macron was « something new », a « wind of change » on French politics. At this point, it’s not fake news: it’s bullshit.

Let me sum this up for you: Macron has attended ENA, a school which about 90% of our politicians attended (they are so copy-pasted one after the other that we even have an expression for them: « énarques »); he was a minister under last president François Hollande and pretty much inspired his economic policy; he worked as a banker at Rothschild, so he was not really out of the (capitalist) system but rather at the top of this system; and the cherry on the cake, he’s supported by half the dinosaurs of politics that have had power in France since before he was in high school.

« How is voting for gasoline “blocking” the fire? »

So he’s young? Yeah, big fucking deal. Macron’s project is the continuation of what’s been done in our country for thirty years: reducing the worker’s right, reducing social protection, increasing the pressure of competition on people by making free-trade agreements with countries whose labor code is a joke. As if there was anything to win in trying to be « competitive » with Chinese or Bangladeshi workers. Macron’s project is exactly what brought 11 million people to Marine Le Pen.

That’s one of the reasons many left-winged people (including me) were reluctant to vote Macron to « block » Le Pen: how is voting for gasoline « blocking » the fire?

But Macron has won fare and square, right?

That’s another part which made people reluctant to vote Macron and even angry at this: the way this election was rigged. For about a year, almost all mass media have been massively campaigning for Macron.

As a self-fulfilling prophecy, a year saturated with surveys and of articles pro-Macron made lots of people vote for him, not by conviction, but because they thought he was the « most suited to win », whatever this means. A survey showed that only 60% of the people who voted for Macron at the first round did it by conviction, opposed to 80% for every single other candidates.

The pluralism of French media

Simultaneously, the Front National (party of Marine Le Pen) was also given a wide media coverage, making it the protest choice by default. The ambition, barely hidden, was to have this second round Macron-Le Pen. This second round is very handy, because while Le Pen does oppose to the crude liberalism of Macron (well, sort of: she doesn’t mind liberalism if it’s restricted inside France’s border), she builds that on hyper-conservatism, xenophobia and Europhobia. So of course, many people (like me) won’t ever even consider voting for her because they support a fair, democratic and decent opposition to liberalism.

And of course, the very same media who gave voice to the Front National for months were peremptorily demanding people to put out the fire they create.

For several years now, Le Pen and the Front National has been a weapon that media and other parties use against democracy: put anyone against the FN in an election and he or she’s almost sure to win it. And once they know that they can organize this impossible choice, mass media just need to present one candidate as the only reasonable choice (preferably the one that serves the interests of the owners of these mass media), let the FN have most of the speaking time left and it’s done.

« Even François Hollande, the President of the French Republic who calls himself a socialist, got out of his reserve and warned people against Mélenchon, a left-winged candidate. »

Just look at what happened when another candidate was starting to get more and more favorable reviews: Jean-Luc Mélenchon, who is also anti-liberalism but with principles based on ecology and democratic revision instead of xenophobia and hyper-conservatism (with the ambition of convoking a constituent assembly to reform our badly-working republic). For the record, the guy was supported by a large majority of NGOs or by people like Noam Chomsky. But as soon as there was a chance he reached the second round, all mass media unleash the dogs on him, accusing him of being a stalinist or of wanting to create a second Venezuela in France.

Even François Hollande, yes, the President of the French Republic who calls himself a socialist (what a joke), got out of his reserve and warned people against Mélenchon, a left-winged candidate, and never raised a finger against far-right Le Pen who’d been announced as winner of the first round for ages. Why? Because contrary to Le Pen, Mélenchon was a real threat to Macron.

Don’t get me wrong, Mélenchon was not a messiah and sure there were some debatable points in his program. But he was the voice of a rational and positive opposition to liberalism, one that could confront with Macron’s vision. In any case, if Mélenchon had been in the second round, he might have lost too, but maybe not: and believe me, the debate between the two rounds would have been something else than the stupid cat-fight we got with the dumb clown Le Pen against Macron.

How long will this hold?

Le Pen’s father was at the second round of the presidential election fifteen years ago and we played the same game: people voted for Chirac to block Le Pen even though many had no sympathy at all for Chirac. Chirac had more than 80% of the votes. You’d think he would have applied a policy to fix this French society and listened to the people’s protest? Wrong. He did his right-winged policy as if 80% people voted for him by conviction. And it’s very likely Macron will do the same.

The thing is, this strategy is becoming dangerous: electors are understanding exactly what’s going on and they are less and less keen on participating in this farce. Chirac scored 80% in 2002, but Macron « only » had 66% of the votes against Le Pen in the second round, with a record of abstention and blank votes. While Le Pen almost had twice as many electors as her father fifteen years before, Macron had less people who agreed to vote for him against their own convictions.

The results are not really encouraging when we show abstention and blank votes

Sadly, there is good chance this will not go better in the near future: nobody in the higher circles seems to want to put an end to this dangerous game and in five years, Le Pen might just end up winning for real (if things don’t go bad before).

In the mean time, Macron will apply his liberal policy as if all was well. Him and the media will keep hammering « THERE IS NO ALTERNATIVE » to any criticism against it. More and more people will have nothing to loose in giving in to any kind of vote that says « enough! ». I do not see this ending well.

So in the upcoming months, you might hear that there are once again strikes in France. And before you start joking about how we are always on strike, think that we’re trying to protect our social model against yet another attack, and that we are alone, with most of the French media and political powers against us.

Our social model has been our strength for all the second half the XXth century, leading for example to a world reputed healthcare system. And this social model was put in place just after the Second World War, at a time when the country was devastated and ruined (here’s for the « we can’t afford it »). And it’s not outdated or unadapted: one reason French people suffered less than many others from the subprime crisis in 2008 was precisely the robustness of this social model. And I know we have the reputation of surrendering easily, but know this: we won’t let it die without a fight.

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Chers amis étrangers, voilà pourquoi certains d’entre nous ne sont pas ravis par l’élection de Macron https://grisebouille.net/?p=561490 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Chers-amis-étrangers-voilà-pourquoi-certains-d-entre-nous-ne-sont Wed, 10 May 2017 11:53:40 +0200 (English version available here.)

Dimanche soir, lorsqu’il a été annoncé qu’Emmanuel Macron était élu Président de la République, il y a eu un gros écart dans les réactions que l’on a pu observer sur les réseaux sociaux : de nombreux étrangers nous ont félicités (même des icônes de la pop culture comme Mark Hamill ou Zach Braff) mais parmi les français, on a aussi vu pas mal de réactions résignées et blasées. Et c’est assez étrange d’être félicité pour quelque chose dont on n’est pas fiers. Je vais essayer d’expliquer pourquoi.

Ouais ! On a battu Le Pen ! Vraiment ?

Tout d’abord, évacuons ça : OUI, nous sommes heureux que Marine Le Pen ne soit pas présidente, nous n’aurons pas à subir sa politique basée sur le rejet et la haine de l’étranger et sur un nationalisme décomplexé. Elle aurait sans doute été dangereuse pour beaucoup de gens dans le pays et son élection aurait eu des conséquences terribles en général (c’est un peu notre Donald Trump personnel, et ça en dit long).

Le seul problème, c’est que, bien qu’elle n’ait pas gagné, il y a de grandes chances que rien ne soit résolu avec Macron : les 11 millions de personnes qui ont voté pour Le Pen ne vont pas disparaître comme par magie après l’élection. Pire : la plupart des raisons qui expliquent le score élevé de Le Pen sont précisément le résultat des politiques que Macron défend.

Tout d’abord, il faut comprendre que les gens qui votent Le Pen ne sont pas tous des racistes ou des nationalistes (heureusement). La plupart sont juste des gens qui voient leurs niveaux de vie fragilisés par la mondialisation. Et quand Le Pen parle de les protéger contre ça (en allant jusqu’à piquer des principes économiques théorisés à l’origine par la gauche), ils l’entendent. Michael Moore avait dit la même chose à propos de l’élection de Trump, et je pense qu’il a raison.

On peut facilement voir, par exemple, que les villes ont largement voté Macron (90% à Paris) alors que dans les campagnes, Le Pen a dominé et a parfois obtenu des scores énormes (jusqu’à 100% dans certains villages). Même dans des coins où l’immigration est basse voire inexistante. Et c’est facile, pour les citadins, de penser « oh, ces abrutis de pécores racistes » et de cacher le problème sous le tapis, tout comme c’est facile pour les gagnants de la mondialisation de l’encourager avec enthousiasme. Oh, et je suis un jeune ingénieur en informatique, alors vous en faites pas pour moi : je fais partie des gagnants. Mais contrairement à Macron et certaines de mes connaissances, je ne pense pas que la France soit uniquement constituée de jeunes cadres dynamiques.

« Quand Le Pen parle de tradition et d’héritage culturel français, tu parles qu’ils écoutent. »

Les habitants de la campagne savent que dans leurs villages, avant il y avait des écoles ; avant, il y avait des bureaux de poste ; avant, il y avait des médecins ; avant, il y avait des petits commerces ; avant, nous avions des services et des entreprises publics puissants et efficaces. Oh, et le budget de l’état était à l’équilibre. Il y a une idéalisation, certes, mais pas tant que ça.

Maintenant, leurs gamins doivent faire un long trajet en bus pour atteindre l’école la plus proche et ses classes surchargées ; ils doivent prendre leur voiture pour aller poster une simple lettre ; ils prient pour ne pas faire d’infarctus puisque les hôpitaux sont fermés et fusionnés les uns après les autres, remplis d’infirmiers et infirmières en burn-out ; ils se rendent compte que ce qui a été privatisé leur coûte plus cher et ne fonctionne pas mieux quand ce n’est pas pire (autoroutes, électricité, chemins de fer…).

Et concernant les commerces, eh bien, ils peuvent se consoler avec les immondes centres commerciaux géants qui poussent comme des champignons partout dans les périphéries et qui transforment les champs en parkings géants. Ces temples de la consommation inhumains qui tuent les petits commerces autour et effacent les spécificités culturelles des régions de France. Alors oui, quand Le Pen parle de tradition et d’héritage culturel français, tu parles qu’ils écoutent.

OpenSky à Valbonne, un énième projet de centre commercial géant qui détruit le patrimoine naturel

Les gens ne sont pas anti-Europe par essence ou par dogme : ils le sont parce qu’ils se rendent compte que l’UE, ces derniers temps, a surtout œuvré pour libérer le marché, pas les peuples ; qu’elle a surtout consisté à mettre les européens en compétition les uns contre les autres, en nivelant vers le bas la qualité de vie avec celles des pays les plus pauvres au lieu de niveler vers le haut la protection sociale avec celles des pays les plus riches. Si vous demandez aux gens, ils sont tous en faveur de l’union des peuples et de la paix éternelle entre les pays, mais ils ne sont pas idiots : ils se rendent bien compte que l’élite de l’UE manipule ces aspirations comme un prétexte pour forcer leur projet de capitalisme libéral de prédation.

Je suis pour l’Europe, mais soyons honnêtes : l’Europe promue par Macron et par tant d’autres politiciens pro-Europe est la meilleure arme contre l’Europe elle-même. On ne peut pas attendre des gens qu’ils soutiennent une politique qui se traduit pour eux en austérité et précarité. On peut se féliciter que la France n’ait pas suivi le Royaume Uni après le Brexit, mais l’Europe n’est pas soudainement redevenue populaire avec l’élection de Macron. Vous voulez que les gens soutiennent l’Europe ? Construisez une Europe qui soutienne les gens.

Non, Macron n’est pas un renouveau

Qu’est-ce que Macron dans tout ça ? Macron est le pur produit du système qui a créé ces problèmes. J’ai lu dans beaucoup d’articles étrangers que Macron était « un renouveau », « un vent de changement » dans la politique française. À ce niveau, ce ne sont plus des fake news : ce sont de grosses conneries.

Laissez-moi vous résumer ça : Macron a été à l’ENA, une école fréquentée par à peu près 90% de nos politiciens (ils sont tellement des copies les uns des autres qu’on a inventé une expression pour : « énarques ») ; il était ministre sous le dernier président François Hollande et a été l’inspirateur de sa politique économique ; il a bossé comme banquier chez Rothschild, ce qui fait qu’il n’était pas hors du système (capitaliste) mais plutôt au sommet de ce système ; et la cerise sur le gâteau, il est soutenu par la moitié des dinosaures de la politique qui avaient déjà le pouvoir avant qu’il ne soit au lycée.

« En quoi voter pour le kérosène va “faire barrage” au feu ? »

Il est jeune ? Ça nous fait une belle jambe. Le projet de Macron est à peu de chose près dans la continuité de ce qui a été fait dans notre pays depuis trente ans : réduction des droits des travailleurs, réduction de la protection sociale, accroissement de la pression de la compétition sur les gens en signant des accords de libre-échange avec des pays dont le code du travail est une blague. Comme s’il y avait quoi que ce soit à gagner à tenter d’être « compétitif » avec des travailleurs chinois ou bangladais. Le projet de Macron est exactement ce qui a poussé 11 millions de personnes vers Marine Le Pen.

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont fait que beaucoup de gens de gauche (moi compris) étaient réticents à voter Macron pour « faire barrage » à Le Pen : en quoi voter pour le kérosène va « faire barrage » au feu ?

Mais la victoire Macron est incontestable, n’est-ce pas ?

C’est une autre raison qui a fait que des gens étaient réticents à voter Macron et même en colère contre l’idée : la façon dont l’élection a été arrangée. Pendant une grosse année, presque tous les grands médias ont fait massivement campagne pour Macron.

Comme une prophétie auto-réalisatrice, un an saturé de sondages et d’articles pro-Macron ont fait que beaucoup de gens ont voté pour lui, non par conviction mais parce qu’ils ou elles pensaient qu’il était le « plus approprié pour gagner », quel que soit le sens qu’on donne à cette idée. Un sondage a montré que seulement 60% des gens qui ont voté Macron au premier tour l’ont fait par conviction, un score qui s’élève à 80% chez n’importe quel⋅le autre candidat⋅e.

Le pluralisme des médias français

En parallèle, le Front National (parti de Marine Le Pen) s’est aussi vu accordée une large couverture médiatique, le présentant comme le choix contestataire par défaut. Le but, à peine caché, était d’avoir ce second tour Macron-Le Pen. Ce second tour est très pratique, parce que si Le Pen s’oppose bien au libéralisme brut de Macron (et encore, si on veut : le libéralisme ne la dérange pas tant qu’il est circonscrit au territoire de la France), elle construit ça sur de l’hyper-conservatisme, de la xénophobie et de l’europhobie. Donc bien entendu, beaucoup de gens (comme moi) n’iront jamais jusqu’à simplement envisager de voter pour elle parce qu’ils ou elles souhaitent une opposition juste, démocratique et respectable au libéralisme.

Et bien sûr, les médias qui avaient donné la parole au FN pendant des mois furent les mêmes qui exigèrent avec autorité que les électeurs éteignent ce feu qu’ils avaient allumé.

Depuis de nombreuses années déjà, Le Pen et le Front National ont servi, pour les médias et les autres partis, d’une arme contre la démocratie : mettez n’importe qui en face du FN dans une élection et il ou elle est presque certain de l’emporter. Et puisqu’ils ont compris qu’ils peuvent façonner ce choix impossible, les grands médias ont juste à présenter un unique candidat comme le choix raisonnable (de préférence, celui qui sert les intérêts des propriétaires de ces grands médias), à laisser le FN monopoliser le reste de la parole et le tour est joué.

« Même François Hollande, le Président de la République qui s’autoproclame socialiste, est sorti de sa réserve et s’est élevé contre Mélenchon, un candidat de gauche. »

Il suffit de voir ce qui s’est passé quand un autre candidat commençait à avoir de plus en plus d’avis favorables : Jean-Luc Mélenchon, qui est également anti-libéralisme mais avec des principes basés sur l’écologie et la refonte de notre démocratie à la place de la xénophobie et de l’hyper-conservatisme (avec l’ambition de convoquer une assemblée constituante pour réformer notre république qui fonctionne mal). Pour information, ce mec était soutenu par une grande majorité d’ONG et par des gens comme Noam Chomsky. Mais dès qu’il y a eu une chance de le voir accéder au second tour, tous les grands médias ont lâché les chiens sur lui, l’accusant d’être un stalinien ou de vouloir créer un second Venezuela en France.

Même François Hollande, oui, le Président de la République qui s’autoproclame socialiste (la blague), est sorti de sa réserve et s’est élevé contre Mélenchon, un candidat de gauche, et n’a jamais levé le petit doigt contre l’extrême-droite de Le Pen qu’on annonçait pourtant comme vainqueur du premier tour depuis des plombes. Pourquoi ? Parce que contrairement à Le Pen, Mélenchon était une vraie menace pour Macron.

Ne vous méprenez pas, Mélenchon n’était pas le messie et il y avait bien sûr des points discutables dans son programme. Mais il était la voix d’une critique rationnelle et positive du libéralisme, une qui aurait pu se confronter à la vision de Macron. En tout cas, si Mélenchon avait été au second tour, il aurait peut-être perdu aussi, mais peut-être pas : et croyez-moi, le débat entre les deux tours aurait eu une autre gueule que le crêpage de chignons imbécile auquel on a eu droit avec la guignolo de Le Pen contre Macron.

Combien de temps cela va-t-il tenir ?

Le père de Le Pen était au second tour de l’élection présidentielle il y a quinze ans et nous avons joué au même jeu : les gens ont voté pour Chirac pour faire barrage à Le Pen même si pas mal d’entre eux n’avaient aucune sympathie pour Chirac. Chirac a obtenu plus de 80% des votes. On aurait pu penser qu’il allait appliquer une politique pour réparer cette société française et écouter la contestation populaire ? Loupé. Il a fait sa politique de droite comme si 80% des gens avaient voté pour lui par conviction. Et il y a de grandes chances que Macron fasse la même chose.

Le truc, c’est que cette stratégie devient dangereuse : les électeurs comprennent très bien ce qui se passe et ils sont de moins en moins enclins à participer à cette mascarade. Chirac a fait 80% en 2002, mais Macron n’a eu « que » 66% des votes contre Le Pen au second tour, accompagné d’un record d’abstention et de votes blancs. Et alors que Le Pen a entraîné presque deux fois plus d’électeurs que son père quinze ans plus tôt, Macron a vu moins de gens d’accord pour voter pour lui contre leurs propres convictions.

Les résultats n’ont rien d’encourageant si on tient compte de l’abstention et des votes blancs

Malheureusement, il y a de grandes chances que cela ne s’arrange pas dans un futur proche : personne dans les hautes sphères ne semble vouloir mettre fin à ce jeu dangereux et dans cinq ans, Le Pen pourrait bien finir par gagner pour de bon (si les choses ne se gâtent pas plus tôt).

Dans le même temps, Macron va appliquer sa politique libérale comme si tout allait bien. Lui et les médias vont continuer de marteler « IL N’Y A PAS D’ALTERNATIVE » en réponse à toute critique contre ça. De plus en plus de gens n’auront plus rien à perdre à s’abandonner à n’importe quel vote pour dire « assez ! ». Je ne vois pas comment cela pourrait finir bien.

Alors dans les prochains mois, vous entendrez peut-être qu’il y a encore une fois des grèves en France. Et avant que vous ne commenciez à blaguer sur le fait que nous sommes constamment en grève, dites-vous bien que nous essayons de protéger notre modèle social contre une énième attaque, et que nous sommes seuls, avec pratiquement tous les pouvoirs médiatiques et politiques français contre nous.

Notre modèle social a été notre force pendant toute la seconde moitié du XXe siècle, ce qui a par exemple mené à la création d’un système de santé reconnu mondialement. Et ce modèle social a été mis en place juste après la Seconde Guerre Mondiale, à un moment où le pays était dévasté et ruiné (ça, c’est pour le « on ne peut pas se le permettre »). Et il n’est ni dépassé ni inadapté : l’une des raisons qui fait que les français ont moins souffert de la crise des subprimes en 2008 que d’autres, ça a été précisément la robustesse de ce modèle social. Et je sais que nous avons la réputation de capituler aisément, mais sachez une chose : nous ne le laisserons pas crever sans combattre.

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(English version available here.)

Dimanche soir, lorsqu’il a été annoncé qu’Emmanuel Macron était élu Président de la République, il y a eu un gros écart dans les réactions que l’on a pu observer sur les réseaux sociaux : de nombreux étrangers nous ont félicités (même des icônes de la pop culture comme Mark Hamill ou Zach Braff) mais parmi les français, on a aussi vu pas mal de réactions résignées et blasées. Et c’est assez étrange d’être félicité pour quelque chose dont on n’est pas fiers. Je vais essayer d’expliquer pourquoi.

Ouais ! On a battu Le Pen ! Vraiment ?

Tout d’abord, évacuons ça : OUI, nous sommes heureux que Marine Le Pen ne soit pas présidente, nous n’aurons pas à subir sa politique basée sur le rejet et la haine de l’étranger et sur un nationalisme décomplexé. Elle aurait sans doute été dangereuse pour beaucoup de gens dans le pays et son élection aurait eu des conséquences terribles en général (c’est un peu notre Donald Trump personnel, et ça en dit long).

Le seul problème, c’est que, bien qu’elle n’ait pas gagné, il y a de grandes chances que rien ne soit résolu avec Macron : les 11 millions de personnes qui ont voté pour Le Pen ne vont pas disparaître comme par magie après l’élection. Pire : la plupart des raisons qui expliquent le score élevé de Le Pen sont précisément le résultat des politiques que Macron défend.

Tout d’abord, il faut comprendre que les gens qui votent Le Pen ne sont pas tous des racistes ou des nationalistes (heureusement). La plupart sont juste des gens qui voient leurs niveaux de vie fragilisés par la mondialisation. Et quand Le Pen parle de les protéger contre ça (en allant jusqu’à piquer des principes économiques théorisés à l’origine par la gauche), ils l’entendent. Michael Moore avait dit la même chose à propos de l’élection de Trump, et je pense qu’il a raison.

On peut facilement voir, par exemple, que les villes ont largement voté Macron (90% à Paris) alors que dans les campagnes, Le Pen a dominé et a parfois obtenu des scores énormes (jusqu’à 100% dans certains villages). Même dans des coins où l’immigration est basse voire inexistante. Et c’est facile, pour les citadins, de penser « oh, ces abrutis de pécores racistes » et de cacher le problème sous le tapis, tout comme c’est facile pour les gagnants de la mondialisation de l’encourager avec enthousiasme. Oh, et je suis un jeune ingénieur en informatique, alors vous en faites pas pour moi : je fais partie des gagnants. Mais contrairement à Macron et certaines de mes connaissances, je ne pense pas que la France soit uniquement constituée de jeunes cadres dynamiques.

« Quand Le Pen parle de tradition et d’héritage culturel français, tu parles qu’ils écoutent. »

Les habitants de la campagne savent que dans leurs villages, avant il y avait des écoles ; avant, il y avait des bureaux de poste ; avant, il y avait des médecins ; avant, il y avait des petits commerces ; avant, nous avions des services et des entreprises publics puissants et efficaces. Oh, et le budget de l’état était à l’équilibre. Il y a une idéalisation, certes, mais pas tant que ça.

Maintenant, leurs gamins doivent faire un long trajet en bus pour atteindre l’école la plus proche et ses classes surchargées ; ils doivent prendre leur voiture pour aller poster une simple lettre ; ils prient pour ne pas faire d’infarctus puisque les hôpitaux sont fermés et fusionnés les uns après les autres, remplis d’infirmiers et infirmières en burn-out ; ils se rendent compte que ce qui a été privatisé leur coûte plus cher et ne fonctionne pas mieux quand ce n’est pas pire (autoroutes, électricité, chemins de fer…).

Et concernant les commerces, eh bien, ils peuvent se consoler avec les immondes centres commerciaux géants qui poussent comme des champignons partout dans les périphéries et qui transforment les champs en parkings géants. Ces temples de la consommation inhumains qui tuent les petits commerces autour et effacent les spécificités culturelles des régions de France. Alors oui, quand Le Pen parle de tradition et d’héritage culturel français, tu parles qu’ils écoutent.

OpenSky à Valbonne, un énième projet de centre commercial géant qui détruit le patrimoine naturel

Les gens ne sont pas anti-Europe par essence ou par dogme : ils le sont parce qu’ils se rendent compte que l’UE, ces derniers temps, a surtout œuvré pour libérer le marché, pas les peuples ; qu’elle a surtout consisté à mettre les européens en compétition les uns contre les autres, en nivelant vers le bas la qualité de vie avec celles des pays les plus pauvres au lieu de niveler vers le haut la protection sociale avec celles des pays les plus riches. Si vous demandez aux gens, ils sont tous en faveur de l’union des peuples et de la paix éternelle entre les pays, mais ils ne sont pas idiots : ils se rendent bien compte que l’élite de l’UE manipule ces aspirations comme un prétexte pour forcer leur projet de capitalisme libéral de prédation.

Je suis pour l’Europe, mais soyons honnêtes : l’Europe promue par Macron et par tant d’autres politiciens pro-Europe est la meilleure arme contre l’Europe elle-même. On ne peut pas attendre des gens qu’ils soutiennent une politique qui se traduit pour eux en austérité et précarité. On peut se féliciter que la France n’ait pas suivi le Royaume Uni après le Brexit, mais l’Europe n’est pas soudainement redevenue populaire avec l’élection de Macron. Vous voulez que les gens soutiennent l’Europe ? Construisez une Europe qui soutienne les gens.

Non, Macron n’est pas un renouveau

Qu’est-ce que Macron dans tout ça ? Macron est le pur produit du système qui a créé ces problèmes. J’ai lu dans beaucoup d’articles étrangers que Macron était « un renouveau », « un vent de changement » dans la politique française. À ce niveau, ce ne sont plus des fake news : ce sont de grosses conneries.

Laissez-moi vous résumer ça : Macron a été à l’ENA, une école fréquentée par à peu près 90% de nos politiciens (ils sont tellement des copies les uns des autres qu’on a inventé une expression pour : « énarques ») ; il était ministre sous le dernier président François Hollande et a été l’inspirateur de sa politique économique ; il a bossé comme banquier chez Rothschild, ce qui fait qu’il n’était pas hors du système (capitaliste) mais plutôt au sommet de ce système ; et la cerise sur le gâteau, il est soutenu par la moitié des dinosaures de la politique qui avaient déjà le pouvoir avant qu’il ne soit au lycée.

« En quoi voter pour le kérosène va “faire barrage” au feu ? »

Il est jeune ? Ça nous fait une belle jambe. Le projet de Macron est à peu de chose près dans la continuité de ce qui a été fait dans notre pays depuis trente ans : réduction des droits des travailleurs, réduction de la protection sociale, accroissement de la pression de la compétition sur les gens en signant des accords de libre-échange avec des pays dont le code du travail est une blague. Comme s’il y avait quoi que ce soit à gagner à tenter d’être « compétitif » avec des travailleurs chinois ou bangladais. Le projet de Macron est exactement ce qui a poussé 11 millions de personnes vers Marine Le Pen.

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont fait que beaucoup de gens de gauche (moi compris) étaient réticents à voter Macron pour « faire barrage » à Le Pen : en quoi voter pour le kérosène va « faire barrage » au feu ?

Mais la victoire Macron est incontestable, n’est-ce pas ?

C’est une autre raison qui a fait que des gens étaient réticents à voter Macron et même en colère contre l’idée : la façon dont l’élection a été arrangée. Pendant une grosse année, presque tous les grands médias ont fait massivement campagne pour Macron.

Comme une prophétie auto-réalisatrice, un an saturé de sondages et d’articles pro-Macron ont fait que beaucoup de gens ont voté pour lui, non par conviction mais parce qu’ils ou elles pensaient qu’il était le « plus approprié pour gagner », quel que soit le sens qu’on donne à cette idée. Un sondage a montré que seulement 60% des gens qui ont voté Macron au premier tour l’ont fait par conviction, un score qui s’élève à 80% chez n’importe quel⋅le autre candidat⋅e.

Le pluralisme des médias français

En parallèle, le Front National (parti de Marine Le Pen) s’est aussi vu accordée une large couverture médiatique, le présentant comme le choix contestataire par défaut. Le but, à peine caché, était d’avoir ce second tour Macron-Le Pen. Ce second tour est très pratique, parce que si Le Pen s’oppose bien au libéralisme brut de Macron (et encore, si on veut : le libéralisme ne la dérange pas tant qu’il est circonscrit au territoire de la France), elle construit ça sur de l’hyper-conservatisme, de la xénophobie et de l’europhobie. Donc bien entendu, beaucoup de gens (comme moi) n’iront jamais jusqu’à simplement envisager de voter pour elle parce qu’ils ou elles souhaitent une opposition juste, démocratique et respectable au libéralisme.

Et bien sûr, les médias qui avaient donné la parole au FN pendant des mois furent les mêmes qui exigèrent avec autorité que les électeurs éteignent ce feu qu’ils avaient allumé.

Depuis de nombreuses années déjà, Le Pen et le Front National ont servi, pour les médias et les autres partis, d’une arme contre la démocratie : mettez n’importe qui en face du FN dans une élection et il ou elle est presque certain de l’emporter. Et puisqu’ils ont compris qu’ils peuvent façonner ce choix impossible, les grands médias ont juste à présenter un unique candidat comme le choix raisonnable (de préférence, celui qui sert les intérêts des propriétaires de ces grands médias), à laisser le FN monopoliser le reste de la parole et le tour est joué.

« Même François Hollande, le Président de la République qui s’autoproclame socialiste, est sorti de sa réserve et s’est élevé contre Mélenchon, un candidat de gauche. »

Il suffit de voir ce qui s’est passé quand un autre candidat commençait à avoir de plus en plus d’avis favorables : Jean-Luc Mélenchon, qui est également anti-libéralisme mais avec des principes basés sur l’écologie et la refonte de notre démocratie à la place de la xénophobie et de l’hyper-conservatisme (avec l’ambition de convoquer une assemblée constituante pour réformer notre république qui fonctionne mal). Pour information, ce mec était soutenu par une grande majorité d’ONG et par des gens comme Noam Chomsky. Mais dès qu’il y a eu une chance de le voir accéder au second tour, tous les grands médias ont lâché les chiens sur lui, l’accusant d’être un stalinien ou de vouloir créer un second Venezuela en France.

Même François Hollande, oui, le Président de la République qui s’autoproclame socialiste (la blague), est sorti de sa réserve et s’est élevé contre Mélenchon, un candidat de gauche, et n’a jamais levé le petit doigt contre l’extrême-droite de Le Pen qu’on annonçait pourtant comme vainqueur du premier tour depuis des plombes. Pourquoi ? Parce que contrairement à Le Pen, Mélenchon était une vraie menace pour Macron.

Ne vous méprenez pas, Mélenchon n’était pas le messie et il y avait bien sûr des points discutables dans son programme. Mais il était la voix d’une critique rationnelle et positive du libéralisme, une qui aurait pu se confronter à la vision de Macron. En tout cas, si Mélenchon avait été au second tour, il aurait peut-être perdu aussi, mais peut-être pas : et croyez-moi, le débat entre les deux tours aurait eu une autre gueule que le crêpage de chignons imbécile auquel on a eu droit avec la guignolo de Le Pen contre Macron.

Combien de temps cela va-t-il tenir ?

Le père de Le Pen était au second tour de l’élection présidentielle il y a quinze ans et nous avons joué au même jeu : les gens ont voté pour Chirac pour faire barrage à Le Pen même si pas mal d’entre eux n’avaient aucune sympathie pour Chirac. Chirac a obtenu plus de 80% des votes. On aurait pu penser qu’il allait appliquer une politique pour réparer cette société française et écouter la contestation populaire ? Loupé. Il a fait sa politique de droite comme si 80% des gens avaient voté pour lui par conviction. Et il y a de grandes chances que Macron fasse la même chose.

Le truc, c’est que cette stratégie devient dangereuse : les électeurs comprennent très bien ce qui se passe et ils sont de moins en moins enclins à participer à cette mascarade. Chirac a fait 80% en 2002, mais Macron n’a eu « que » 66% des votes contre Le Pen au second tour, accompagné d’un record d’abstention et de votes blancs. Et alors que Le Pen a entraîné presque deux fois plus d’électeurs que son père quinze ans plus tôt, Macron a vu moins de gens d’accord pour voter pour lui contre leurs propres convictions.

Les résultats n’ont rien d’encourageant si on tient compte de l’abstention et des votes blancs

Malheureusement, il y a de grandes chances que cela ne s’arrange pas dans un futur proche : personne dans les hautes sphères ne semble vouloir mettre fin à ce jeu dangereux et dans cinq ans, Le Pen pourrait bien finir par gagner pour de bon (si les choses ne se gâtent pas plus tôt).

Dans le même temps, Macron va appliquer sa politique libérale comme si tout allait bien. Lui et les médias vont continuer de marteler « IL N’Y A PAS D’ALTERNATIVE » en réponse à toute critique contre ça. De plus en plus de gens n’auront plus rien à perdre à s’abandonner à n’importe quel vote pour dire « assez ! ». Je ne vois pas comment cela pourrait finir bien.

Alors dans les prochains mois, vous entendrez peut-être qu’il y a encore une fois des grèves en France. Et avant que vous ne commenciez à blaguer sur le fait que nous sommes constamment en grève, dites-vous bien que nous essayons de protéger notre modèle social contre une énième attaque, et que nous sommes seuls, avec pratiquement tous les pouvoirs médiatiques et politiques français contre nous.

Notre modèle social a été notre force pendant toute la seconde moitié du XXe siècle, ce qui a par exemple mené à la création d’un système de santé reconnu mondialement. Et ce modèle social a été mis en place juste après la Seconde Guerre Mondiale, à un moment où le pays était dévasté et ruiné (ça, c’est pour le « on ne peut pas se le permettre »). Et il n’est ni dépassé ni inadapté : l’une des raisons qui fait que les français ont moins souffert de la crise des subprimes en 2008 que d’autres, ça a été précisément la robustesse de ce modèle social. Et je sais que nous avons la réputation de capituler aisément, mais sachez une chose : nous ne le laisserons pas crever sans combattre.

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Votez Superflu 2017 https://grisebouille.net/?p=561484 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Votez-Superflu-2017 Fri, 05 May 2017 10:16:52 +0200 Je sais, c’est pas très sympa de ma part de sortir un article avec Superflu… qui ne soit même pas un nouvel épisode. Mais bon, question timing, c’était maintenant ou jamais 🙂

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Je sais, c’est pas très sympa de ma part de sortir un article avec Superflu… qui ne soit même pas un nouvel épisode. Mais bon, question timing, c’était maintenant ou jamais 🙂

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Votants, vous n’avez pas honte ? https://grisebouille.net/?p=561476 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Votants-vous-n-avez-pas-honte Tue, 25 Apr 2017 12:27:24 +0200 Bon, je suis d’humeur taquine, aujourd’hui…

Je précise d’emblée que le titre est volontairement provoc : ceci n’est pas vraiment une charge contre les votants hein (d’ailleurs, pour ne rien vous cacher, je suis moi-même allé voter dimanche pour des raisons qui m’appartiennent alors que vous connaissez mon avis sur le sujet). Là, je m’attaque surtout aux « casseurs d’abstentionnistes » pour rappeler que des arguments contre le principe même du vote, il y en a aussi.

Ce qui est d’autant plus vrai si l’étendue de leur citoyenneté se résume juste à aller mettre un papier dans l’urne tous les 5 ans et emmerder ceux qui ne le font pas. Rappel : la démocratie n’est pas un rendez-vous.

 

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Bon, je suis d’humeur taquine, aujourd’hui…

Je précise d’emblée que le titre est volontairement provoc : ceci n’est pas vraiment une charge contre les votants hein (d’ailleurs, pour ne rien vous cacher, je suis moi-même allé voter dimanche pour des raisons qui m’appartiennent alors que vous connaissez mon avis sur le sujet). Là, je m’attaque surtout aux « casseurs d’abstentionnistes » pour rappeler que des arguments contre le principe même du vote, il y en a aussi.

Ce qui est d’autant plus vrai si l’étendue de leur citoyenneté se résume juste à aller mettre un papier dans l’urne tous les 5 ans et emmerder ceux qui ne le font pas. Rappel : la démocratie n’est pas un rendez-vous.

 

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Comédie romantique https://grisebouille.net/?p=561471 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Comédie-romantique Wed, 12 Apr 2017 11:45:26 +0200 La comédie romantique (rom com pour les intimes) est un genre cinématographique très codifié. Si vous voulez vous lancer dans le genre, voici un petit tutoriel.

 

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La comédie romantique (rom com pour les intimes) est un genre cinématographique très codifié. Si vous voulez vous lancer dans le genre, voici un petit tutoriel.

 

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Débat des Présidentielles : un cas d’école sur l’idéologie dominante https://grisebouille.net/?p=561460 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Débat-des-Présidentielles-un-cas-d-école-sur-l-idéologie-dom Tue, 04 Apr 2017 11:32:07 +0200 Vous m’entendez souvent gueuler sur le fait que les médias et les pouvoirs politiques s’organisent largement autour d’une idéologie dominante partagée et dont il est impossible de sortir (relire Le cadre, En marche (ou crève) ou encore Fakir contre le reste du monde). Enfin, je dis « moi », mais je ne suis pas le seul, hein.

Hier, j’ai vu passer une infographie concernant le débat de la présidentielle organisé ce soir à la télé. Et ça m’a fait sourire tellement c’est un cas d’école : on va débattre, oui, mais sur des questions pré-établies et donc dans un cadre bien défini (je passe sur le format et les temps de paroles ridicules, pour une fois qu’ils sont également repartis entre les 11 candidats…).

Allez, on y va ? Trois grands thèmes seront imposés aux candidats, donc, trois piliers de l’idéologie dominante :

Comment créer des emplois ?

Un classique. Notez qu’en remplaçant « comment » par « pourquoi », on sortirait du cadre idéologique. Ça serait vachement intéressant, d’ailleurs. Oui, pourquoi veut-on créer des emplois ? S’il y a peu d’emplois, c’est peut-être qu’il n’y en a pas besoin de plus, non ?

Ah oui, mais les gens sont au chômage. Donc c’est pour lutter contre l’inactivité ? Pourtant les chômeurs ne sont pas inactifs. Il y en a pas mal qui travaillent, d’ailleurs. Ils ne sont pas employés, oui.  Excusez-moi d’être tatillon, mais c’est différent.

Ah oui, mais le chômage ça provoque la pauvreté. Okay, donc l’emploi est juste un moyen de redistribuer mieux la richesse. On créée des bullshits jobs, on invente une activité sans but, sans sens, aliénante, pour générer des salaires. Payez quelqu’un pour creuser un trou, payez quelqu’un pour le reboucher : bravo, vous avez créé deux emplois. Est-ce qu’on ne pourrait pas imaginer des méthodes moins stupides pour redistribuer mieux la richesse ?

Mais non, ces questions ne sont pas intéressantes, d’ailleurs on les a déjà tranchées pour vous. Il FAUT créer de l’emploi, c’est acté, c’est bon, c’est comme ça. On vous demande juste comment. C’est pas intéressant, ça ?

Comment protéger les français ?

Aaaah, une très bonne question. On va parler protection de la sécurité sociale, réduction de la pauvreté, augmentation des retraites, etc. Ah non ? Pourtant ce qui menace les français, c’est surtout la précarité, non ? Whirlpool qui délocalise, tout ça ? 15% de de la population sous le seuil de pauvreté ?

Bon okay, ça, c’est pas assez spectaculaire. Vous voulez parler des dangers mortels ? C’est vrai que ça fait peur, ça.

  • Le cancer, 150000 morts par an, on va augmenter le budget de la recherche, du coup ? Essayer de réduire la pollution de l’air qui est un cancérogène avéré et qui atteint des sommets de plus en plus fréquemment ?
  • L’obésité, 50000 morts par an, on va s’attaquer aux salopards de l’industrie agroalimentaire qui nous font bouffer de la merde en nous pourrissant le cerveau à coup de pubs ? On va interdire ces pubs, peut-être ?
  • La dépression, 10000 suicides par an, on va réfléchir à ce qui provoque la détresse dans ce pays ? Et même, à pourquoi nous sommes de si gros consommateurs d’antidépresseurs ?
  • Les accidents de la route, 5000 morts par an, on va mettre des autocollants « Conduire tue » sur chaque bagnole, tuer le marketing en obligeant tous les véhicules à avoir la même forme et la même couleur, développer massivement les transports en commun les plus sûrs pour flinguer le marché des véhicules privés ?

Mais non, ces questions ne sont pas intéressantes, d’ailleurs on les a déjà tranchées pour vous. On va parler TERRORISME, 120 morts par an. Et je suis gentil, je moyenne sur les deux dernières années, soit deux années noires : si on fait une moyenne plus longue, on est plus proches de zéro. Mais ça fait peur et puis c’est pratique pour nous faire bouffer de la loi sécuritaire au kilomètre. Oh, et j’habite Nice, hein, donc me faites pas le coup du « c’est facile de dire ça quand on n’est pas concerné ».

Bien entendu, ne croyez pas qu’on va aller chercher les causes du côté de nos politiques extérieures (guerres, exploitation post-coloniales des ressources dans les pays instables, commerce d’armes avec des pourritures, etc.). Ou même simplement se pencher sur l’idée de nationaliser Lafarge qui collabore avec l’État Islamique (on l’avait fait pour Renault qui avait collaboré avec les nazis pendant la guerre, hein) ou de foutre leurs dirigeants en taule pour haute trahison. Non, la politique anti-terroriste, ça sert à mettre le peuple au pas, pas les puissants véreux qui sont responsables.

Comment mettre en œuvre votre modèle social ?

Encore une question classique. Vous le sentez, là, qu’ils vont galérer, ceux qui en proposent un, de modèle social ? (Et déjà, ils ne sont pas nombreux…)

Le sous-texte, bien sûr, c’est qu’un modèle social, ça coûte cher, et que c’est annexe au reste. C’est l’humanité qui est au service de l’économie, pas l’inverse. Qu’importe la pauvreté massive pourvu qu’on ait la croissance. 13 millions de pauvre en Allemagne, mais circulez, y’a rien à voir, c’est le modèle. Qu’importent les pics de pollutions et les pics de burn-out, pourvu qu’on soit productifs.

Le modèle social, c’est bien, c’est mignon, mais on verra plus tard, si on est capables de le faire. Sinon, vous continuerez de crever la dalle en attendant les lendemains qui chantent. Ça fait jamais que trente ans que vous les attendez, les lendemains qui chantent. C’est pas un quinquennat de plus ou de moins qui devrait vous chagriner.

Pardon ? Vous aviez d’autres questions ? Comment mettre en œuvre une économie sociale et solidaire ? Comment mettre en œuvre une organisation du travail écologique et décente ?  Comment mettre en œuvre la redistribution des richesses ?

Mais non, ces questions ne sont pas intéressantes, d’ailleurs on les a déjà tranchées pour vous. L’organisation économique, le monde du travail, tout ça, c’est du fixe, c’est du cadre, c’est là, ça bouge pas et d’ailleurs on t’a demandé ton avis ? Non, la variable d’ajustement, c’est le modèle social, c’est ton niveau de vie, ce sont nos richesses communes.

 

Changez rien, les gars, le débat nous passionne. Quel taux d’abstention annoncé, déjà ?

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Vous m’entendez souvent gueuler sur le fait que les médias et les pouvoirs politiques s’organisent largement autour d’une idéologie dominante partagée et dont il est impossible de sortir (relire Le cadre, En marche (ou crève) ou encore Fakir contre le reste du monde). Enfin, je dis « moi », mais je ne suis pas le seul, hein.

Hier, j’ai vu passer une infographie concernant le débat de la présidentielle organisé ce soir à la télé. Et ça m’a fait sourire tellement c’est un cas d’école : on va débattre, oui, mais sur des questions pré-établies et donc dans un cadre bien défini (je passe sur le format et les temps de paroles ridicules, pour une fois qu’ils sont également repartis entre les 11 candidats…).

Allez, on y va ? Trois grands thèmes seront imposés aux candidats, donc, trois piliers de l’idéologie dominante :

Comment créer des emplois ?

Un classique. Notez qu’en remplaçant « comment » par « pourquoi », on sortirait du cadre idéologique. Ça serait vachement intéressant, d’ailleurs. Oui, pourquoi veut-on créer des emplois ? S’il y a peu d’emplois, c’est peut-être qu’il n’y en a pas besoin de plus, non ?

Ah oui, mais les gens sont au chômage. Donc c’est pour lutter contre l’inactivité ? Pourtant les chômeurs ne sont pas inactifs. Il y en a pas mal qui travaillent, d’ailleurs. Ils ne sont pas employés, oui.  Excusez-moi d’être tatillon, mais c’est différent.

Ah oui, mais le chômage ça provoque la pauvreté. Okay, donc l’emploi est juste un moyen de redistribuer mieux la richesse. On créée des bullshits jobs, on invente une activité sans but, sans sens, aliénante, pour générer des salaires. Payez quelqu’un pour creuser un trou, payez quelqu’un pour le reboucher : bravo, vous avez créé deux emplois. Est-ce qu’on ne pourrait pas imaginer des méthodes moins stupides pour redistribuer mieux la richesse ?

Mais non, ces questions ne sont pas intéressantes, d’ailleurs on les a déjà tranchées pour vous. Il FAUT créer de l’emploi, c’est acté, c’est bon, c’est comme ça. On vous demande juste comment. C’est pas intéressant, ça ?

Comment protéger les français ?

Aaaah, une très bonne question. On va parler protection de la sécurité sociale, réduction de la pauvreté, augmentation des retraites, etc. Ah non ? Pourtant ce qui menace les français, c’est surtout la précarité, non ? Whirlpool qui délocalise, tout ça ? 15% de de la population sous le seuil de pauvreté ?

Bon okay, ça, c’est pas assez spectaculaire. Vous voulez parler des dangers mortels ? C’est vrai que ça fait peur, ça.

  • Le cancer, 150000 morts par an, on va augmenter le budget de la recherche, du coup ? Essayer de réduire la pollution de l’air qui est un cancérogène avéré et qui atteint des sommets de plus en plus fréquemment ?
  • L’obésité, 50000 morts par an, on va s’attaquer aux salopards de l’industrie agroalimentaire qui nous font bouffer de la merde en nous pourrissant le cerveau à coup de pubs ? On va interdire ces pubs, peut-être ?
  • La dépression, 10000 suicides par an, on va réfléchir à ce qui provoque la détresse dans ce pays ? Et même, à pourquoi nous sommes de si gros consommateurs d’antidépresseurs ?
  • Les accidents de la route, 5000 morts par an, on va mettre des autocollants « Conduire tue » sur chaque bagnole, tuer le marketing en obligeant tous les véhicules à avoir la même forme et la même couleur, développer massivement les transports en commun les plus sûrs pour flinguer le marché des véhicules privés ?

Mais non, ces questions ne sont pas intéressantes, d’ailleurs on les a déjà tranchées pour vous. On va parler TERRORISME, 120 morts par an. Et je suis gentil, je moyenne sur les deux dernières années, soit deux années noires : si on fait une moyenne plus longue, on est plus proches de zéro. Mais ça fait peur et puis c’est pratique pour nous faire bouffer de la loi sécuritaire au kilomètre. Oh, et j’habite Nice, hein, donc me faites pas le coup du « c’est facile de dire ça quand on n’est pas concerné ».

Bien entendu, ne croyez pas qu’on va aller chercher les causes du côté de nos politiques extérieures (guerres, exploitation post-coloniales des ressources dans les pays instables, commerce d’armes avec des pourritures, etc.). Ou même simplement se pencher sur l’idée de nationaliser Lafarge qui collabore avec l’État Islamique (on l’avait fait pour Renault qui avait collaboré avec les nazis pendant la guerre, hein) ou de foutre leurs dirigeants en taule pour haute trahison. Non, la politique anti-terroriste, ça sert à mettre le peuple au pas, pas les puissants véreux qui sont responsables.

Comment mettre en œuvre votre modèle social ?

Encore une question classique. Vous le sentez, là, qu’ils vont galérer, ceux qui en proposent un, de modèle social ? (Et déjà, ils ne sont pas nombreux…)

Le sous-texte, bien sûr, c’est qu’un modèle social, ça coûte cher, et que c’est annexe au reste. C’est l’humanité qui est au service de l’économie, pas l’inverse. Qu’importe la pauvreté massive pourvu qu’on ait la croissance. 13 millions de pauvre en Allemagne, mais circulez, y’a rien à voir, c’est le modèle. Qu’importent les pics de pollutions et les pics de burn-out, pourvu qu’on soit productifs.

Le modèle social, c’est bien, c’est mignon, mais on verra plus tard, si on est capables de le faire. Sinon, vous continuerez de crever la dalle en attendant les lendemains qui chantent. Ça fait jamais que trente ans que vous les attendez, les lendemains qui chantent. C’est pas un quinquennat de plus ou de moins qui devrait vous chagriner.

Pardon ? Vous aviez d’autres questions ? Comment mettre en œuvre une économie sociale et solidaire ? Comment mettre en œuvre une organisation du travail écologique et décente ?  Comment mettre en œuvre la redistribution des richesses ?

Mais non, ces questions ne sont pas intéressantes, d’ailleurs on les a déjà tranchées pour vous. L’organisation économique, le monde du travail, tout ça, c’est du fixe, c’est du cadre, c’est là, ça bouge pas et d’ailleurs on t’a demandé ton avis ? Non, la variable d’ajustement, c’est le modèle social, c’est ton niveau de vie, ce sont nos richesses communes.

 

Changez rien, les gars, le débat nous passionne. Quel taux d’abstention annoncé, déjà ?

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Les ordinateurs ont bons cœurs https://grisebouille.net/?p=561455 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Les-ordinateurs-ont-bons-cœurs Mon, 03 Apr 2017 12:05:43 +0200 Nouvel article de vulgarisation informatique. Le pluriel à « bons cœurs » est volontaire 🙂

 

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Nouvel article de vulgarisation informatique. Le pluriel à « bons cœurs » est volontaire 🙂

 

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Ô Jaurès, ô de Gaulle https://grisebouille.net/?p=561449 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Ô-Jaurès-ô-de-Gaulle Wed, 15 Mar 2017 10:43:54 +0100 Bon, promis, j’aurai bientôt des choses autres que politique à vous proposer. Mais des fois, faut se soulager un peu, alors voilà.

Et oui, je sais, j’ai un talent fou pour la caricature.

 

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Bon, promis, j’aurai bientôt des choses autres que politique à vous proposer. Mais des fois, faut se soulager un peu, alors voilà.

Et oui, je sais, j’ai un talent fou pour la caricature.

 

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Fakir contre le reste du Monde https://grisebouille.net/?p=561422 http://yeuxdelibad.net/clone/gee/?Fakir-contre-le-reste-du-Monde Wed, 08 Feb 2017 12:19:38 +0100 Vendredi dernier, j’ai publié sur ce blog un petit dessin pour rendre hommage aux rares journaux encore indépendants et compétents (ces deux qualités seraient-elles liées ?) comme Le canard enchaîné ou encore Mediapart. J’aurais pu aussi citer Fakir qui, s’il ne révèle pas forcément souvent des scandales comme les font les deux précédents, offre souvent des analyses pertinentes et qui se distinguent des sujets bateaux qui s’affichent sur toutes les unes des « grands » journaux dès lors que la dépêche AFP est parue.

Récemment, Fakir a fait un peu parler de lui parce que les Décodeurs du Monde, qui ont lancé un système de classement des sites d’infos (pour repérer les sites peu fiables, complotistes, etc.), l’ont classé en jaune, c’est-à-dire moyennement fiable. La justification ?

Fakir est indiqué en jaune, ce qui correspond, dans notre classement, à un site qui peut être très orienté ou publier des informations sans les vérifier. Fakir est dans le 1er cas. : c’est un média militant, avec une grande part d’éditoriaux, ce qui est un choix tout à fait respectable, et ne signifie pas qu’il ne faut pas le lire, mais qui nous conduit à le classer parmi d’autres médias du même type. Enfin, nous avertissons simplement le lecteur qu’il est sur un site qui a une orientation marquée, nous ne lui disons pas qu’il ne faut pas le lire.

Déjà, on pourrait rétorquer que mettre dans la même catégorie les sites « orientés » et ceux qui publient des informations sans les vérifier, c’est un peu se foutre de la gueule du monde. Comme si les deux pratiques étaient à mettre au même niveau, comme si avoir une grille d’analyse politisée était équivalent à reprendre joyeusement des hoax à la chaîne. Mais passons.

Attention, graphique Fakir orienté

Fakir subjectif, Le Monde objectif ?

Ce qui me fascine le plus, c’est l’accusation de « subjectivité ». Attention, soyons honnêtes, Fakir est bien « orienté » : le journal a clairement une culture de gauche avec des affinités ouvrières, syndicales et populaires. De même que je n’ai jamais caché la subjectivité assumée de mes différents blogs (plutôt bien à gauche également). Mais relever ainsi la subjectivité (assumée elle aussi) de Fakir, c’est sous-entendre en filigrane que les autres journaux, ceux classés en vert, sont « objectifs ». Et là, à mon sens, on touche du doigt le centre du problème avec la presse actuelle.

On a pas mal cité Valeur actuelles, qui est classé en vert alors que question politisation, il n’a rien à envier à Fakir sauf que lui est très à droite cette fois. Mais au-delà de ça : que Le Monde s’imagine objectif, ça m’inquiète beaucoup, d’autant plus que c’est un avis probablement partagé par pas mal de gens. Vous connaissez la rengaine : Libé c’est à gauche, Le Figaro à droite et Le Monde c’est « objectif ».

Sauf qu’il suffit de lire quelques articles du Monde avec un peu de recul pour se rendre compte qu’il est tout aussi politisé, orienté, guidé par une idéologie que tous les autres. Lorsque Le Monde donne pour titre « L’idée d’un rapprochement entre Hamon et Jadot fait son chemin » à un article dont le contenu aurait tout aussi bien pu inspirer le titre « Jadot refuse toute compromission pour une alliance avec Hamon », il est politique ; lorsque Le Monde titre « La primaire à gauche passée, Macron veut reprendre l’initiative », il est politique, il participe à infuser l’idée que Macron aurait quelque chose à voir avec la gauche, ce dont l’intéressé se défend lui-même à juste titre ; quand Le Monde titre « Le revenu universel, en attendant de s’attaquer aux vraies questions » comme si la problématique de l’organisation sociétale de l’emploi, du salaire et de la précarité n’étaient pas des vraies questions, il est politique.

Attention, caricature Fakir moins fiable que celles de Plantu

Il n’y a pas plus subjectif que Le Monde et que les grands titres de presse en général, mais cette subjectivité est infiniment plus dangereuse que celle de Fakir parce qu’elle se donne l’apparence de l’objectivité. Tout le problème de l’idéologie dominante, c’est qu’on ne la perçoit même plus comme une idéologie. Ce qui permet de présenter tranquillement les tenants de cette idéologie comme des « réalistes », « pragmatiques » tandis que les autres seront de doux rêveurs, des utopistes voire même de dangereux extrémistes. Et cette rengaine est tellement martelée en permanence dans 90 % des médias qu’elle est totalement intégrée par leur public.

Macron, l’homme providentiel… pour la presse

En cela, le succès de Macron est révélateur : la démonstration spectaculaire que n’importe quel technocrate aux dents longues peut arriver à 20 % dans les sondages tant qu’il soutient l’idéologie dominante, avec une belle gueule et un gros budget communication. Juste parce qu’à force de voir sa tronche partout, sur toutes les couvertures, dans toutes les unes, à force de le voir présenté comme un outsider crédible, la majorité finit par y croire. Comme une prophétie auto-réalisatrice, comme si un énarque, ex-banquier de Rothschild, ex-ministre de Hollande pouvait être une relève, un nouveau souffle politique.

Acrimed sur l’hégémonie macronique dans la presse

Le succès de Macron m’inquiète presque plus que celui de Le Pen, parce que c’est la victoire du vide, de l’idéologie dominante définitivement acquise comme seule solution (cette chère Tina). Ce qui ne veut pas dire que je préférerais voir Le Pen au pouvoir que Macron, loin de là. Mais politiquement, Le Pen a au moins le mérite d’avoir une vision à long terme pour l’avenir. Une vision que je ne partage pas, une vision que je trouve souvent stupide voire même dangereuse, mais une vision quand même.

Oh, Macron n’a aucune vision à long terme, mais il a bel et bien un programme, ne nous y trompons pas. Le même que tous les responsables politiques depuis 30 ans. Productivité, flexibilité, « il n’y a rien de plus intéressant que travailler » (sic). Un exemple parmi d’autres ? Supprimer les cotisations sociales sur le SMIC – non, pas « les charges », arrêtez de parler le langage de l’ennemi. Ce qui revient à une baisse drastique de salaire. Oui, les cotisations, ce n’est pas de l’argent dans le vent, c’est du salaire indirect, c’est ce qui participe à votre niveau de vie. C’est ce qui participe à ce que la richesse créée profite à la société au lieu de partir dans le capital.

Mais quand on aura viré toutes les charges et baissé tous les impôts, ne venez pas pleurer parce que vous attendrez 7 heures aux urgences face à un personnel médical débordé et proche du burn-out généralisé ; ne venez pas pleurer parce que vos gamins seront dans des classes surchargées qui ressembleront plus à des garderies qu’à des salles de classe ; ne venez pas pleurer quand on vous demandera de bosser jusqu’à 75 ans parce qu’on ne peut plus financer les retraites par répartition qui sont pourtant plus robustes que les retraites par capitalisation qu’on nous vend comme la solution ultime.

Attendez, pourquoi je parle au futur, moi ? Le détricotage du modèle social français est largement entamé. On passe déjà des heures aux urgences. Le personnel médical est déjà proche du burn-out généralisé. Nos gamins sont déjà dans des classes surchargées. Les écoles, collèges et lycées ressemblent déjà plus à des garderies qu’à des lieux d’apprentissage. Le retardement de plus en plus fort de l’âge de la retraite a commencé, sans fin prochaine annoncée, alors même que les vieux ne trouvent pas de boulot et que l’espérance de vie en bonne santé n’augmente plus. Ça vous plaît ? Eh bien faites-vous plaisir, continuez comme ça, votez pour Macron, le faux renouveau de la politique moisie, pour continuer à s’enfoncer tranquillement dans la merde, mais avec de jolis costards et des dents blanches. Ça change tout.

Macron a le vent en poupe parce que la presse permet aux jeunes adultes aisés en pleine forme de penser que la population française est constituée uniquement de jeunes adultes aisés en pleine forme. Les autres peuvent aller se faire foutre. « En marche » ou crève. Et Fakir, qui tente de redonner de la visibilité aux oubliés de la machine, parfois avec succès (Merci patron), aura droit à son tampon jaune. « Moyennement fiable ». Les Décodeurs, comme n’importe quelle manifestation d’opinion humaine, voit le monde à travers ses intérêts de classe. Ce qui est parfaitement acceptable si c’est assumé et dit. Ça ne l’est pas.

Et pendant ce temps, au PS

Et dans le même temps, la presse réussit le coup de force de ressusciter une énième fois le PS, qu’on devrait pourtant pouvoir enterrer une bonne fois pour toutes. Je suis sur le cul quand je vois le nombre de personnes sur les rézozozios qui, il y a deux mois, juraient de ne plus jamais voter PS et qui font maintenant les yeux doux à Hamon comme si tout avait changé. Mais Hamon, c’est le PS, c’est le parti de Hollande, de Valls, de Cazeneuve. Il a été ministre sous Hollande, puis comme député, il a voté ses lois de merde (comme la Loi Renseignement). Et ce seront les mêmes personnes que vous retrouverez avec lui (sauf ceux qui se seront barrés chez Macron, ce qui en dit long sur l’état du PS).

Représentation biaisée du PS par Fakir

Oh, Hamon a « frondé », oui. À partir du moment où cette « fronde » ne mettait pas en danger son petit confort de député, en prenant bien soin de ne jamais risquer de faire passer une motion de censure. De la rébellion de pacotille à bon compte. Et c’est révélateur du tempérament du bonhomme : en un mois de campagne pour les primaires, il a reculé et modifié son discours 10 fois sur le revenu de base. Qu’on soutienne ou pas l’idée, peu importe, mais quand les renoncements commencent avant même le début de la campagne présidentielle, c’est quand même mal engagé. Et quand un type se dit « frondeur » sans arriver à tenir tête à Hollande (!) jusqu’au bout, ne vous attendez pas à ce qu’il tienne tête à qui que ce soit en cas de mandat présidentiel. Sauf au peuple, peut-être, parce que ça, on a l’appareil pour.

Et puis, pardonnez-moi de l’évoquer, mais Hamon est marié à une cadre de LVMH. Quel rapport, me direz-vous ? Est-ce que ce n’est pas un peu bas de l’attaquer sur sa femme qui n’a rien demandé ? Mais le problème, ce n’est pas sa femme. En soi, Hamon se met bien en couple avec qui il veut. Seulement soyez bien conscients de ce que ça veut dire : ça veut dire que quand vous, vous passez un samedi soir avec vos potes, ce sont des cadres de LVMH que Hamon reçoit chez lui. Ce sont des responsables d’une multinationale du luxe qui méprise les travailleurs français et détruit le travail en France en délocalisant à tout va (Merci Patron, encore). Hamon appartient à la même oligarchie que les autres.

On en revient au problème de la soi-disante objectivité : vous pensez sincèrement que Hamon peut rester « objectif » et favoriser les « petits » français au détriment de ses proches ? De ses amis ? De la personne qui partage sa vie ? Si c’est le cas, je vous félicite d’avoir autant foi envers les politiciens après une décennie Sarkozy/Hollande. Personnellement, quand je dois choisir un médecin, j’évite de prendre celui qui boit des canons avec le virus de la grippe toutes les semaines.

Pour finir, ne comptez pas sur moi pour vous dire s’il faut voter pour untel ou unetelle. Ou même s’il faut simplement voter. Faites vos choix, mais pitié, faites-les en connaissance de cause. Quand les grands titres de la presse balancent Macron comme candidat sérieux, responsable et rassembleur, c’est de la pure idéologie ; quand la presse présente Hamon comme un virage à gauche toute du PS, c’est de la pure idéologie. Même Libération, qui n’est pas à la traîne côté idéologie dominante, le dit.

Et rappelez-vous que certains proposent un autre son de cloche sur Macron (et vous pouvez aussi lire la suite et la fin). Ou sur la dépense publique. Ou sur ce qui met en difficulté les entreprises françaises. Ces points de vue aussi sont idéologiques, ils n’en sont pas moins tout autant valides que les précédents.

Restez critiques, restez en alerte. Parce que si les Décodeurs étaient vraiment honnêtes avec eux-mêmes, tous les journaux seraient en jaune, à commencer par Le Monde.

 

(Attention : exceptionnellement, cet article contient du contenu non libre. Les images sont tirées des journaux Fakir et Acrimed et comportent toutes un lien vers les articles dont elles sont tirées. Le texte, dont je suis l’auteur, reste sour licence CC-By-Sa.)

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Vendredi dernier, j’ai publié sur ce blog un petit dessin pour rendre hommage aux rares journaux encore indépendants et compétents (ces deux qualités seraient-elles liées ?) comme Le canard enchaîné ou encore Mediapart. J’aurais pu aussi citer Fakir qui, s’il ne révèle pas forcément souvent des scandales comme les font les deux précédents, offre souvent des analyses pertinentes et qui se distinguent des sujets bateaux qui s’affichent sur toutes les unes des « grands » journaux dès lors que la dépêche AFP est parue.

Récemment, Fakir a fait un peu parler de lui parce que les Décodeurs du Monde, qui ont lancé un système de classement des sites d’infos (pour repérer les sites peu fiables, complotistes, etc.), l’ont classé en jaune, c’est-à-dire moyennement fiable. La justification ?

Fakir est indiqué en jaune, ce qui correspond, dans notre classement, à un site qui peut être très orienté ou publier des informations sans les vérifier. Fakir est dans le 1er cas. : c’est un média militant, avec une grande part d’éditoriaux, ce qui est un choix tout à fait respectable, et ne signifie pas qu’il ne faut pas le lire, mais qui nous conduit à le classer parmi d’autres médias du même type. Enfin, nous avertissons simplement le lecteur qu’il est sur un site qui a une orientation marquée, nous ne lui disons pas qu’il ne faut pas le lire.

Déjà, on pourrait rétorquer que mettre dans la même catégorie les sites « orientés » et ceux qui publient des informations sans les vérifier, c’est un peu se foutre de la gueule du monde. Comme si les deux pratiques étaient à mettre au même niveau, comme si avoir une grille d’analyse politisée était équivalent à reprendre joyeusement des hoax à la chaîne. Mais passons.

Attention, graphique Fakir orienté

Fakir subjectif, Le Monde objectif ?

Ce qui me fascine le plus, c’est l’accusation de « subjectivité ». Attention, soyons honnêtes, Fakir est bien « orienté » : le journal a clairement une culture de gauche avec des affinités ouvrières, syndicales et populaires. De même que je n’ai jamais caché la subjectivité assumée de mes différents blogs (plutôt bien à gauche également). Mais relever ainsi la subjectivité (assumée elle aussi) de Fakir, c’est sous-entendre en filigrane que les autres journaux, ceux classés en vert, sont « objectifs ». Et là, à mon sens, on touche du doigt le centre du problème avec la presse actuelle.

On a pas mal cité Valeur actuelles, qui est classé en vert alors que question politisation, il n’a rien à envier à Fakir sauf que lui est très à droite cette fois. Mais au-delà de ça : que Le Monde s’imagine objectif, ça m’inquiète beaucoup, d’autant plus que c’est un avis probablement partagé par pas mal de gens. Vous connaissez la rengaine : Libé c’est à gauche, Le Figaro à droite et Le Monde c’est « objectif ».

Sauf qu’il suffit de lire quelques articles du Monde avec un peu de recul pour se rendre compte qu’il est tout aussi politisé, orienté, guidé par une idéologie que tous les autres. Lorsque Le Monde donne pour titre « L’idée d’un rapprochement entre Hamon et Jadot fait son chemin » à un article dont le contenu aurait tout aussi bien pu inspirer le titre « Jadot refuse toute compromission pour une alliance avec Hamon », il est politique ; lorsque Le Monde titre « La primaire à gauche passée, Macron veut reprendre l’initiative », il est politique, il participe à infuser l’idée que Macron aurait quelque chose à voir avec la gauche, ce dont l’intéressé se défend lui-même à juste titre ; quand Le Monde titre « Le revenu universel, en attendant de s’attaquer aux vraies questions » comme si la problématique de l’organisation sociétale de l’emploi, du salaire et de la précarité n’étaient pas des vraies questions, il est politique.

Attention, caricature Fakir moins fiable que celles de Plantu

Il n’y a pas plus subjectif que Le Monde et que les grands titres de presse en général, mais cette subjectivité est infiniment plus dangereuse que celle de Fakir parce qu’elle se donne l’apparence de l’objectivité. Tout le problème de l’idéologie dominante, c’est qu’on ne la perçoit même plus comme une idéologie. Ce qui permet de présenter tranquillement les tenants de cette idéologie comme des « réalistes », « pragmatiques » tandis que les autres seront de doux rêveurs, des utopistes voire même de dangereux extrémistes. Et cette rengaine est tellement martelée en permanence dans 90 % des médias qu’elle est totalement intégrée par leur public.

Macron, l’homme providentiel… pour la presse

En cela, le succès de Macron est révélateur : la démonstration spectaculaire que n’importe quel technocrate aux dents longues peut arriver à 20 % dans les sondages tant qu’il soutient l’idéologie dominante, avec une belle gueule et un gros budget communication. Juste parce qu’à force de voir sa tronche partout, sur toutes les couvertures, dans toutes les unes, à force de le voir présenté comme un outsider crédible, la majorité finit par y croire. Comme une prophétie auto-réalisatrice, comme si un énarque, ex-banquier de Rothschild, ex-ministre de Hollande pouvait être une relève, un nouveau souffle politique.

Acrimed sur l’hégémonie macronique dans la presse

Le succès de Macron m’inquiète presque plus que celui de Le Pen, parce que c’est la victoire du vide, de l’idéologie dominante définitivement acquise comme seule solution (cette chère Tina). Ce qui ne veut pas dire que je préférerais voir Le Pen au pouvoir que Macron, loin de là. Mais politiquement, Le Pen a au moins le mérite d’avoir une vision à long terme pour l’avenir. Une vision que je ne partage pas, une vision que je trouve souvent stupide voire même dangereuse, mais une vision quand même.

Oh, Macron n’a aucune vision à long terme, mais il a bel et bien un programme, ne nous y trompons pas. Le même que tous les responsables politiques depuis 30 ans. Productivité, flexibilité, « il n’y a rien de plus intéressant que travailler » (sic). Un exemple parmi d’autres ? Supprimer les cotisations sociales sur le SMIC – non, pas « les charges », arrêtez de parler le langage de l’ennemi. Ce qui revient à une baisse drastique de salaire. Oui, les cotisations, ce n’est pas de l’argent dans le vent, c’est du salaire indirect, c’est ce qui participe à votre niveau de vie. C’est ce qui participe à ce que la richesse créée profite à la société au lieu de partir dans le capital.

Mais quand on aura viré toutes les charges et baissé tous les impôts, ne venez pas pleurer parce que vous attendrez 7 heures aux urgences face à un personnel médical débordé et proche du burn-out généralisé ; ne venez pas pleurer parce que vos gamins seront dans des classes surchargées qui ressembleront plus à des garderies qu’à des salles de classe ; ne venez pas pleurer quand on vous demandera de bosser jusqu’à 75 ans parce qu’on ne peut plus financer les retraites par répartition qui sont pourtant plus robustes que les retraites par capitalisation qu’on nous vend comme la solution ultime.

Attendez, pourquoi je parle au futur, moi ? Le détricotage du modèle social français est largement entamé. On passe déjà des heures aux urgences. Le personnel médical est déjà proche du burn-out généralisé. Nos gamins sont déjà dans des classes surchargées. Les écoles, collèges et lycées ressemblent déjà plus à des garderies qu’à des lieux d’apprentissage. Le retardement de plus en plus fort de l’âge de la retraite a commencé, sans fin prochaine annoncée, alors même que les vieux ne trouvent pas de boulot et que l’espérance de vie en bonne santé n’augmente plus. Ça vous plaît ? Eh bien faites-vous plaisir, continuez comme ça, votez pour Macron, le faux renouveau de la politique moisie, pour continuer à s’enfoncer tranquillement dans la merde, mais avec de jolis costards et des dents blanches. Ça change tout.

Macron a le vent en poupe parce que la presse permet aux jeunes adultes aisés en pleine forme de penser que la population française est constituée uniquement de jeunes adultes aisés en pleine forme. Les autres peuvent aller se faire foutre. « En marche » ou crève. Et Fakir, qui tente de redonner de la visibilité aux oubliés de la machine, parfois avec succès (Merci patron), aura droit à son tampon jaune. « Moyennement fiable ». Les Décodeurs, comme n’importe quelle manifestation d’opinion humaine, voit le monde à travers ses intérêts de classe. Ce qui est parfaitement acceptable si c’est assumé et dit. Ça ne l’est pas.

Et pendant ce temps, au PS

Et dans le même temps, la presse réussit le coup de force de ressusciter une énième fois le PS, qu’on devrait pourtant pouvoir enterrer une bonne fois pour toutes. Je suis sur le cul quand je vois le nombre de personnes sur les rézozozios qui, il y a deux mois, juraient de ne plus jamais voter PS et qui font maintenant les yeux doux à Hamon comme si tout avait changé. Mais Hamon, c’est le PS, c’est le parti de Hollande, de Valls, de Cazeneuve. Il a été ministre sous Hollande, puis comme député, il a voté ses lois de merde (comme la Loi Renseignement). Et ce seront les mêmes personnes que vous retrouverez avec lui (sauf ceux qui se seront barrés chez Macron, ce qui en dit long sur l’état du PS).

Représentation biaisée du PS par Fakir

Oh, Hamon a « frondé », oui. À partir du moment où cette « fronde » ne mettait pas en danger son petit confort de député, en prenant bien soin de ne jamais risquer de faire passer une motion de censure. De la rébellion de pacotille à bon compte. Et c’est révélateur du tempérament du bonhomme : en un mois de campagne pour les primaires, il a reculé et modifié son discours 10 fois sur le revenu de base. Qu’on soutienne ou pas l’idée, peu importe, mais quand les renoncements commencent avant même le début de la campagne présidentielle, c’est quand même mal engagé. Et quand un type se dit « frondeur » sans arriver à tenir tête à Hollande (!) jusqu’au bout, ne vous attendez pas à ce qu’il tienne tête à qui que ce soit en cas de mandat présidentiel. Sauf au peuple, peut-être, parce que ça, on a l’appareil pour.

Et puis, pardonnez-moi de l’évoquer, mais Hamon est marié à une cadre de LVMH. Quel rapport, me direz-vous ? Est-ce que ce n’est pas un peu bas de l’attaquer sur sa femme qui n’a rien demandé ? Mais le problème, ce n’est pas sa femme. En soi, Hamon se met bien en couple avec qui il veut. Seulement soyez bien conscients de ce que ça veut dire : ça veut dire que quand vous, vous passez un samedi soir avec vos potes, ce sont des cadres de LVMH que Hamon reçoit chez lui. Ce sont des responsables d’une multinationale du luxe qui méprise les travailleurs français et détruit le travail en France en délocalisant à tout va (Merci Patron, encore). Hamon appartient à la même oligarchie que les autres.

On en revient au problème de la soi-disante objectivité : vous pensez sincèrement que Hamon peut rester « objectif » et favoriser les « petits » français au détriment de ses proches ? De ses amis ? De la personne qui partage sa vie ? Si c’est le cas, je vous félicite d’avoir autant foi envers les politiciens après une décennie Sarkozy/Hollande. Personnellement, quand je dois choisir un médecin, j’évite de prendre celui qui boit des canons avec le virus de la grippe toutes les semaines.

Pour finir, ne comptez pas sur moi pour vous dire s’il faut voter pour untel ou unetelle. Ou même s’il faut simplement voter. Faites vos choix, mais pitié, faites-les en connaissance de cause. Quand les grands titres de la presse balancent Macron comme candidat sérieux, responsable et rassembleur, c’est de la pure idéologie ; quand la presse présente Hamon comme un virage à gauche toute du PS, c’est de la pure idéologie. Même Libération, qui n’est pas à la traîne côté idéologie dominante, le dit.

Et rappelez-vous que certains proposent un autre son de cloche sur Macron (et vous pouvez aussi lire la suite et la fin). Ou sur la dépense publique. Ou sur ce qui met en difficulté les entreprises françaises. Ces points de vue aussi sont idéologiques, ils n’en sont pas moins tout autant valides que les précédents.

Restez critiques, restez en alerte. Parce que si les Décodeurs étaient vraiment honnêtes avec eux-mêmes, tous les journaux seraient en jaune, à commencer par Le Monde.

 

(Attention : exceptionnellement, cet article contient du contenu non libre. Les images sont tirées des journaux Fakir et Acrimed et comportent toutes un lien vers les articles dont elles sont tirées. Le texte, dont je suis l’auteur, reste sour licence CC-By-Sa.)

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