Rendez-vous sur Arrakis

C'est lorsque nous croyons savoir quelque chose qu'il faut justement réfléchir un peu plus profondément. F. Herbert

Black Mirror -S03E01

Imaginez un monde où chaque interaction sociale est notée.

On peut imaginer que cela encouragerait certains à soigner leur comportement. Cependant, il y a toujours des réfractaires, les “mauvais élèves”. Alors pour que tout le monde “joue le jeu”, on va donner des privilèges aux plus assidus.
Ça n'a rien d'idiot, ça s'appelle même faire de l'évaluation positive. C'est tellement chouette que c'est recommandé par le ministère de l'éducation nationale, et tous les enseignants, dès la maternelle, sont censés pratiquer ce type d'évaluation.

Quelle bonne idée n'est-ce pas? On ne va indiquer à l'élève que ce qu'il est capable de faire. Parce que le petit chou, si on lui dit qu'il ne maîtrise pas un sujet, ça risque de le traumatiser. C'est bien connu, tous les profs sont des sadiques qui vont humiler le gamin au lieu de l'aider à résoudre ses problèmes de compréhension.
À partir de là en fait, le prof ne sert plus à rien, suffit de laisser l'enfant vivre à sa guise, regarder des vidéos et jouer, puis on lui dit ce qu'il sait faire. Au risque de choquer, ça, ce n'est pas de la bienveillance.

Bref, au moins, avec une évaluation positive, on motive. L'envie de la récompense devient un moteur et dépasse l'envie de progresser. Est-ce qu'elle n'occulte pas totalement le goût de l'effort par contre?

Dans cet épisode de Black Mirror, la meilleure série SF du moment, on est en plein dans cette situation.

Chacun fait de son mieux pour être le plus agréable et gentil possible, le système parfait!

Sauf que, il y a un couac… (ben oui, sinon, l'épisode est tout pourri).
Que se passe-t-il pour les personnes qui ont plus de difficultés? Ce système favorise-t-il l'entraide et les relations humaines? Ces rapports humains faussés par la crainte de ne pas toujours réussir sont-ils améliorés ou seulement simulés?

Je ne vous raconte pas l'épisode quand même!
Ce sont quelques questions qui me viennent à l'esprit, surtout quand je pense à mes élèves.

Et puis de toute façon, ça n'arrivera pas ce genre de choses…
Oh mince, si, ça existe déjà!